Les bouleversements diplomatiques et les rivalités entre grandes puissances transforment régulièrement les flux commerciaux énergétiques à l’échelle mondiale. Ces reconfigurations créent tantôt des obstacles, tantôt des ouvertures pour différents acteurs du marché. L’exemple de l’Irak met en lumière ce phénomène avec acuité : suite au blocage américain concernant ses achats de gaz iranien, le pays se trouve obligé d’explorer rapidement des pistes alternatives d’approvisionnement. Cette réalité, conséquence directe du bras de fer entre les États-Unis et l’Iran, pousse Bagdad vers de nouveaux horizons énergétiques, notamment en direction de l’Algérie et d’autres exportateurs de gaz naturel liquéfié.
L’Algérie émerge comme partenaire clé pour l’approvisionnement irakien
Selon les données rapportées par Attaqa, les pourparlers algéro-irakiens avancent à bon rythme. L’accord d’approvisionnement en GNL devrait être conclu dans les prochains mois, pour un volume projeté d’un million de tonnes par an. Ce gaz algérien alimentera les installations électriques irakiennes à partir de l’été 2025, voire dès le début de la période froide qui suivra.
Cette collaboration émergente constitue une perspective réjouissante pour Alger, qui consolide ainsi son rayonnement sur le marché international du GNL. Du côté irakien, ces importations représentent une réponse concrète aux défis récurrents d’alimentation du réseau électrique national.
Une tactique de multiplication des sources face aux contraintes diplomatiques
La stratégie irakienne traduit une volonté d’adaptation face aux pressions extérieures. Pour rappel, l’administration Trump a écarté la possibilité d’une exemption qui aurait permis aux autorités de Bagdad de maintenir leurs achats de gaz et d’électricité auprès de l’Iran. Cette ligne dure a contraint les décideurs irakiens à chercher rapidement des solutions de rechange.
Un cadre supérieur du gouvernement irakien a évoqué un plan d’importation de GNL utilisant une infrastructure maritime, avec quatre fournisseurs potentiels : l’Algérie, le Brésil, l’Indonésie et le Qatar. Ce projet illustre la détermination de Bagdad à garantir sa sécurité énergétique tout en élargissant son cercle de partenaires commerciaux.
Paradoxalement, le verrouillage décidé par Washington, bien qu’il complique momentanément la situation énergétique irakienne, génère de nouvelles perspectives pour les exportateurs de GNL, l’Algérie se positionnant comme l’un des principaux gagnants dans cette reconfiguration au sein de la région maghrébine.
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