Le Maroc séduit depuis des décennies les voyageurs en quête de dépaysement, grâce à la richesse de son patrimoine culturel, ses paysages variés et son hospitalité reconnue. Des médinas animées de Fès et Marrakech aux dunes du Sahara, en passant par les plages d’Agadir, le pays offre une expérience touristique diversifiée, souvent à des coûts plus abordables que d’autres destinations prisées. Cette accessibilité financière constitue aujourd’hui un argument de poids pour certains touristes québécois qui, confrontés à l’inflation et à un taux de change défavorable aux États-Unis, choisissent désormais le Maroc comme alternative.
De plus en plus de Québécois revoient leurs habitudes de voyage, délaissant les États-Unis au profit de destinations plus économiques. L’augmentation des prix et la perte de valeur du dollar canadien par rapport à son homologue américain ont un impact direct sur le budget des vacanciers. « Notre pouvoir d’achat a significativement augmenté. Pour le même budget, au lieu de passer six jours à New York, on va voyager deux semaines et demie au Maroc« , confie Marie-Claude Du Cap, une résidente des Laurentides, interrogée par le Journal de Montréal. Ce constat illustre un changement de tendance parmi les voyageurs québécois, qui recherchent des séjours plus longs et financièrement avantageux.
L’aspect financier n’est pas la seule raison de ce revirement. Pour certains, les considérations politiques et sécuritaires pèsent également dans la balance. Marie-Claude Du Cap explique que les décisions politiques aux États-Unis ne correspondent plus aux valeurs de sa famille et qu’un certain stress sécuritaire a influencé leur choix. Comme elle, d’autres Québécois adoptent la même approche. Un sondage mené par l’institut Léger révèle que 9 % des 1007 répondants ont annulé leur voyage aux États-Unis en 2025, tandis que 58 % n’ont pas l’intention de s’y rendre cette année.
Ce désintérêt pour les États-Unis est confirmé par l’Association des agents de voyages du Québec (AAVQ), qui met en avant plusieurs facteurs : l’inflation qui oscille entre 7 % et 8 %, ainsi qu’une perte de valeur du dollar canadien de 9 % à 13 % par rapport au billet vert. « Si on fait un chiffre rond, on est entre 12 % et 14 % d’augmentation pour un voyage aux États-Unis comparativement à 2024« , précise Éric Boissonneault, vice-président de l’AAVQ. Cette hausse des coûts pousse de nombreux Québécois à chercher des alternatives où leur budget de voyage est mieux optimisé.
D’autres destinations entrent également en concurrence avec les États-Unis. Simon Bourassa, porte-parole chez CAA-Québec, souligne que, pour un taux de change similaire, les voyageurs peuvent aussi se tourner vers l’Europe, où l’euro n’offre pas de différence significative par rapport au dollar américain. Toutefois, le Maroc se distingue par son coût de la vie plus abordable, la diversité de son offre touristique et un accueil souvent chaleureux, autant d’éléments qui séduisent les Québécois à la recherche d’une expérience enrichissante à moindre coût.
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