Le resserrement de la coopération nucléaire entre la France et le Royaume-Uni ne passe pas inaperçu à Moscou. Présentée comme une évolution majeure de la posture stratégique européenne, cette initiative a provoqué une réaction immédiate des autorités russes, qui évoquent déjà des ajustements de leur propre dispositif de dissuasion. Derrière cet échange de signaux, c’est l’équilibre sécuritaire européen qui se trouve de nouveau sous tension.
Dissuasion nucléaire et contre-mesures face à la coopération franco-britannique
La réaction russe a été formulée par le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Ryabkov lors d’une intervention à Valdaï. Il a affirmé que la Russie se dit prête à garantir sa sécurité nationale en renforçant la fiabilité et l’efficacité de sa dissuasion nucléaire. L’objectif affiché est de maintenir un équilibre stratégique, considéré par Moscou comme directement affecté par les initiatives occidentales récentes.
Les autorités russes indiquent qu’elles détermineront des paramètres précis de réponse aux menaces qu’elles associent notamment au déploiement de missiles occidentaux à portée intermédiaire et courte portée. Même si la nature exacte de ces contre-mesures militaro-techniques n’a pas été détaillée, le message est clair : toute évolution jugée sensible dans l’environnement stratégique européen entraînera une adaptation de la posture russe.
La question du nucléaire dans le débat européen
Depuis le début de la guerre en Ukraine, la dissuasion et la sécurité nucléaire sont redevenues des priorités entre la France et l’Allemagne. La France et le Royaume‑Uni, seules puissances nucléaires en Europe, ont récemment signé la Déclaration de Northwood, un accord bilatéral pour coordonner et renforcer leur coopération en matière de dissuasion nucléaire et de sécurité euro‑atlantique. Un groupe de pilotage nucléaire franco‑britannique a été créé pour orienter cette collaboration stratégique.
La coopération entre Paris et Londres marque un nouveau degré de coordination nucléaire. Elle inclut une planification conjointe et la possibilité que les deux pays utilisent leurs capacités nucléaires dans le cadre d’un plan commun. Cette perspective est perçue par Moscou comme un changement significatif, susceptible d’influencer directement les calculs de sécurité russes.



