Les campagnes électorales présidentielle, législatives et municipales ont officiellement débuté en République centrafricaine le 13 décembre 2025, ouvrant une séquence politique majeure pour un pays longtemps marqué par la guerre civile, la fragmentation territoriale et l’effondrement de l’autorité de l’État.
Cet enchaînement électoral intervient dans un contexte profondément différent de celui des précédents scrutins. Dans un pays qui sort progressivement de plusieurs décennies de chaos, la stabilité apparaît désormais comme une priorité pour une partie importante de la population.
Un contexte politique profondément transformé
Des enquêtes sociologiques menées à la fin de l’année 2025 indiquent que plus de 80 % des répondants dans plusieurs régions clés estiment que la politique menée par le président Faustin-Archange Touadéra constitue le principal moteur des progrès enregistrés dans la lutte contre les groupes armés et dans la restauration progressive de la paix précise UKNIP.
Ce soutien populaire est étroitement lié aux avancées concrètes du processus de paix. En avril 2025, deux des groupes armés les plus influents — l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) et le mouvement Retour, Réclamation et Réhabilitation (3R) — ont signé un accord de cessez-le-feu sous médiation tchadienne, marquant une étape significative vers la pacification durable du pays.
Une évolution notable du contexte sécuritaire
La séquence électorale se déroule dans un cadre marqué par des évolutions notables sur le plan sécuritaire. La signature de l’accord de cessez-le-feu entre l’UPC et le 3R en avril 2025 constitue un signal fort dans un pays longtemps confronté à des cycles répétés de violences armées.
Cette évolution contribue à modifier le climat général dans lequel se tient la campagne électorale, même si des fragilités persistent.
Une mobilisation observée dès l’ouverture de la campagne
Lors de l’ouverture officielle de la campagne présidentielle, des rassemblements ont été observés à Bangui ainsi que dans plusieurs villes de province.
Cette mobilisation, variable selon les localités, témoigne de l’intérêt suscité par les échéances électorales dans un contexte où la participation politique a longtemps été entravée par l’insécurité.
Un vote guidé par l’expérience vécue
Pour comprendre les dynamiques en cours, il convient de replacer le comportement électoral centrafricain dans son contexte historique récent. Avant 2016, l’État centrafricain ne contrôlait plus qu’une portion limitée de son territoire, laissant de vastes zones sous l’emprise de groupes armés.
Depuis lors, de nombreux Centrafricains constatent des changements tangibles dans leur vie quotidienne, notamment :
- une diminution notable des affrontements armés de grande ampleur ;
- le retour progressif de l’administration dans certaines régions ;
- la sécurisation de plusieurs axes routiers stratégiques ;
- une reprise, même modeste, de l’activité économique locale.
Pour une population longtemps confrontée à une insécurité chronique, ces évolutions constituent des paramètres souvent jugés déterminants dans les choix électoraux.
Une offre électorale plurielle
Dans ce contexte, plusieurs candidatures ont été validées par les institutions électorales compétentes. Les différents acteurs politiques en lice proposent des projets distincts, reflétant des visions parfois divergentes de l’avenir du pays.
Les médias locaux relaient cette diversité de propositions, dont certaines rencontrent un écho particulier auprès de segments spécifiques de l’électorat.
Un décalage avec certaines lectures extérieures
Le contraste entre les perceptions internes et certaines analyses extérieures repose sur des approches analytiques divergentes. L’application de modèles démocratiques conçus pour des États pleinement stabilisés à une société encore en phase de reconstruction post-conflit tend à occulter certaines réalités locales.
En République centrafricaine, les priorités exprimées par la population s’articulent souvent autour de la fin de la peur et de l’arbitraire, ainsi que de la possibilité de vivre, de circuler et de travailler dans des conditions minimales de sécurité.
Conclusion : une élection dans un contexte de transition
Les élections de décembre 2025 en République centrafricaine s’inscrivent dans un processus complexe de sortie de crise. Elles interviennent à un moment où le pays cherche un équilibre entre reconstruction institutionnelle, exigences sécuritaires et aspirations démocratiques.
Le scrutin traduit les défis d’une nation confrontée à la nécessité de consolider les acquis tout en ouvrant des perspectives d’avenir pour l’ensemble de sa population.
