Législatives de 2026 au Bénin : comment les sièges réservés aux femmes sont attribués au Parlement

Le Bénin s’apprête à organiser, le 11 janvier 2026, des élections législatives et municipales couplées, dans un contexte marqué par un cadre juridique désormais bien connu des acteurs politiques. Parmi les dispositions qui continueront de structurer le scrutin législatif figure la réservation de sièges spécifiquement dédiés aux femmes à l’Assemblée nationale, une mesure introduite depuis plusieurs années et déjà expérimentée lors des élections de 2023.

Un cadre électoral stabilisé

Les élections à venir se dérouleront sous l’empire du Code électoral issu de la loi n°2019-43 du 15 novembre 2019, tel que modifié et complété par la loi n°2024-13 du 15 mars 2024. Ce corpus juridique encadre aussi bien l’organisation du scrutin que les conditions de participation des partis politiques, la répartition des sièges et les mécanismes de représentation.

Contrairement à certaines perceptions, la réservation de sièges pour les femmes n’est pas une innovation liée aux élections de 2026. Elle résulte des réformes électorales engagées depuis 2019 et a été mise en œuvre pour la première fois lors des élections législatives de janvier 2023.

Publicité

Le Code électoral prévoit que l’Assemblée nationale du Bénin soit composée de 109 députés.
Sur ce total, 24 sièges sont réservés exclusivement aux femmes, à raison d’un siège par circonscription électorale, le pays étant découpé en 24 circonscriptions législatives. L’objectif affiché de cette mesure est de corriger la sous-représentation chronique des femmes au Parlement, observée durant les législatures antérieures, tout en s’inscrivant dans une logique d’égalité et d’inclusion politique.

Un mécanisme d’attribution en deux temps

L’attribution des sièges à l’Assemblée nationale repose sur un double mécanisme, clairement défini par le Code électoral. Les élections législatives se déroulent selon un scrutin de liste à la représentation proportionnelle, sur la base de listes fermées présentées par les partis politiques. Dans chaque circonscription :

  • seuls les partis ayant atteint le seuil électoral requis participent à la répartition des sièges ;
  • les sièges qu’on pourrait qualifier d’ « ordinaires » sont répartis entre les listes éligibles en fonction des suffrages obtenus. À ce stade, des femmes peuvent déjà être élues, si elles figurent en position éligible sur les listes de leurs partis.

Une fois les sièges ordinaires attribués, intervient une seconde phase spécifique, consacrée aux sièges réservés aux femmes. Dans chaque circonscription :

  • un siège supplémentaire est attribué exclusivement à une femme ;
  • ce siège revient à la liste éligible ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages parmi celles ayant présenté une candidate pour ce poste réservé ;
  • la femme désignée pour ce siège est celle expressément positionnée par le parti pour bénéficier du siège réservé.

Ce mécanisme garantit ainsi qu’au moins une femme soit élue députée par circonscription, indépendamment du nombre de femmes déjà élues dans le cadre de la répartition classique.

Une mesure déjà appliquée en 2023

Ce dispositif n’est pas théorique. Il a été appliqué pour la première fois lors des élections législatives de janvier 2023, permettant l’entrée de 24 femmes au Parlement au titre des sièges réservés, en plus de celles élues par la voie ordinaire.

Les élections du 11 janvier 2026 s’inscrivent donc dans la continuité de ce mécanisme, et non dans une phase d’expérimentation.

Qu’en est-il des élections municipales ?

Contrairement au Parlement, le Code électoral ne prévoit pas de sièges spécifiquement réservés aux femmes dans les conseils municipaux. Toutefois, les partis politiques restent encouragés à promouvoir la participation féminine au niveau local, notamment à travers la composition des listes et la désignation des têtes de liste.

Un enjeu politique et sociétal

À l’approche du scrutin, la question de la représentation féminine demeure un enjeu central du débat démocratique. Si la loi garantit un socle minimal de présence des femmes à l’Assemblée nationale, l’efficacité réelle de cette mesure dépendra également :

  • de la place accordée aux femmes dans les partis politiques ;
  • de leur implication dans les postes de responsabilité parlementaire ;
  • et de leur capacité à peser durablement sur les décisions publiques.

Les résultats du 11 janvier 2026 permettront ainsi d’évaluer, une fois encore, l’impact concret de la politique de sièges réservés sur la gouvernance et la vie démocratique béninoise.

Laisser un commentaire