Accord militaire au Maghreb : l'Algérie sort du silence

​Depuis plusieurs semaines, une intense polémique agite les réseaux sociaux et certains cercles politiques suite à la diffusion d’un prétendu document confidentiel. Ce texte prêtait à Alger et Tunis la signature d’un pacte de défense aux clauses alarmantes, évoquant notamment un droit de pénétration de l’armée algérienne sur le sol tunisien jusqu’à 50 kilomètres de profondeur. Ces allégations suggéraient également une forme de tutelle sécuritaire, où chaque décision stratégique de la Tunisie serait soumise à l’aval de son voisin, alimentant ainsi des craintes sur une possible perte de souveraineté nationale.

​Souveraineté et intégrité territoriale de la Tunisie

​Le président Abdelmadjid Tebboune a fermement réfuté l’existence de toute clause permettant une incursion militaire. Il a insisté sur le fait que les forces armées algériennes n’ont jamais franchi la frontière dans un but d’intervention et que le respect de l’indépendance de son voisin demeure une ligne rouge absolue. Cette mise au point vise à dissiper les doutes sur une éventuelle « vassalisation » du pays, en rappelant que la doctrine militaire nationale privilégie la protection des frontières sans ingérence dans les affaires intérieures d’autrui. Les autorités voient dans ces bruits de couloir une volonté manifeste de division : « Ils veulent nous diviser », a-t-on pu entendre pour dénoncer ces manœuvres visant à fragmenter la solidarité entre les deux nations.

​Partenariat stratégique et coopération sécuritaire entre Alger et Tunis

​Loin des scénarios d’intervention directe, la relation actuelle s’appuie sur une actualisation des cadres de coopération technique déjà existants, hérités pour certains du début des années 2000. L’objectif partagé reste la lutte contre les réseaux terroristes et le crime organisé transfrontalier. Pour l’Algérie, le soutien apporté est avant tout politique et logistique, se manifestant par des échanges de renseignements et une formation mutuelle des officiers, sans pour autant déboucher sur un déploiement de troupes au sol. En clarifiant ces points, la présidence algérienne cherche à transformer une crise de communication en une affirmation de stabilité, présentant l’axe bilatéral comme un rempart contre les pressions extérieures plutôt que comme un pacte secret d’assujettissement.

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​Cette clarification officielle pourrait-elle ouvrir la voie à une publication plus transparente des accords de défense pour éviter de nouvelles vagues de désinformation ?

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