L’Afrique du Sud a demandé à l’Iran de se retirer des exercices navals des BRICS organisés au large de ses côtes. Cette décision intervient alors que Téhéran est secoué par des manifestations d’ampleur et fait face à des menaces directes de Donald Trump. Selon APA News, Pretoria a choisi de limiter la participation iranienne afin d’éviter une escalade diplomatique et sécuritaire.
L’Afrique du Sud et le souci des équilibres géopolitiques
Les exercices navals des BRICS, prévus au large de la base stratégique de Simon’s Town, devaient symboliser la montée en puissance de la coopération maritime entre pays émergents. Pourtant, à la veille des manœuvres, l’Afrique du Sud a officiellement demandé à l’Iran de se retirer ou, à défaut, de limiter sa présence à un rôle d’observateur. Pretoria a dû composer avec un environnement sécuritaire sensible, dans lequel la présence active de navires iraniens risquait de transformer un exercice militaire en signal politique lourd de conséquences. En demandant à Téhéran de ne pas participer pleinement, les autorités sud-africaines ont cherché à préserver le caractère multilatéral et stable des manœuvres, tout en évitant de se retrouver au cœur d’un bras de fer international impliquant les USA. L’Iran a accepté cette demande, confirmant l’existence de discussions diplomatiques en amont.
Iran : manifestations internes et menaces de Trump, un facteur déterminant
Au moment où les préparatifs des exercices navals s’achevaient, l’Iran traversait une vague de manifestations parmi les plus importantes de ces dernières années. Initialement provoquées par la dégradation des conditions économiques, la flambée des prix et l’affaiblissement du pouvoir d’achat, les mobilisations ont rapidement pris une dimension politique. Plusieurs grandes villes ont été touchées, entraînant une réponse sécuritaire musclée des autorités. Cette crise intérieure a rapidement franchi les frontières iraniennes.
Donald Trump a publiquement menacé Téhéran d’actions sévères si les violences contre les manifestants se poursuivaient, évoquant la possibilité de mesures militaires ou de sanctions accrues. Ces déclarations ont accru la pression sur les partenaires de l’Iran, en particulier ceux engagés dans des coopérations militaires visibles. C’est dans ce contexte précis que l’Afrique du Sud a réévalué la participation iranienne aux exercices des BRICS. Maintenir des manœuvres navales conjointes avec l’Iran, alors que Washington brandissait des menaces et surveillait étroitement les alliances de Téhéran, aurait exposé Pretoria à des tensions diplomatiques directes.
BRICS et sécurité maritime : préserver l’équilibre du bloc
Les exercices navals des BRICS ont pour objectif affiché de renforcer la sécurité maritime, la coordination opérationnelle et la confiance mutuelle entre les marines participantes. Ils constituent également une vitrine politique pour un bloc qui revendique une autonomie stratégique face aux grandes puissances occidentales. Toutefois, l’épisode iranien montre que cette ambition se heurte à la réalité des crises nationales et des rapports de force globaux.
En limitant la participation de l’Iran, l’Afrique du Sud a cherché à éviter que les manœuvres ne soient perçues comme un acte de défi à l’égard des États-Unis. Cette prudence vise à protéger la crédibilité des exercices et à empêcher qu’ils ne deviennent un point de cristallisation des tensions internationales. Pour les autres membres et partenaires des BRICS, la situation rappelle que la solidarité stratégique du groupe reste conditionnée par les contextes politiques propres à chaque État.



