Le rapport des Nations Unies “World Economic Situation and Prospects 2026” anticipe une croissance du PIB à 4 % pour l’Afrique en 2026, portée par des performances régionales contrastées et une stabilité macroéconomique, mais freinée par des contraintes budgétaires et environnementales. Dans son rapport annuel publié début janvier, le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (UN DESA) projette que l’économie africaine enregistrera une croissance moyenne, légèrement supérieure à celle de 3,9 % en 2025, traduisant une dynamique positive dans une situation mondiale encore incertain .
Une reprise après des années de ralentissement économique en Afrique
L’Afrique sort d’une période marquée par une croissance économique modérée, souvent inférieure aux besoins du continent en termes de création d’emplois et de réduction de la pauvreté. Après la pandémie de Covid‑19, les économies africaines ont fait face à une conjoncture mondiale difficile, caractérisée par une demande extérieure atone, des tensions commerciales croissantes et des pressions inflationnistes qui ont freiné l’activité. Malgré ces vents contraires, la croissance du PIB du continent a graduellement augmenté selon l’ONU : elle est passée d’environ 3,5 % en 2024 à près de 3,9 % en 2025, et devrait atteindre 4 % en 2026 selon le rapport de l’ONU.
Ce redressement s’explique par plusieurs facteurs internes, notamment la stabilisation macroéconomique observée dans certaines grandes économies, des efforts de mobilisation des investissements privés et publics, ainsi que l’expansion de secteurs porteurs comme les services et les énergies renouvelables. De plus, certaines sous‑régions, en particulier l’Afrique de l’Est, tirent significativement la croissance globale du continent grâce à leurs performances robustes.
Croissance régionale différenciée : l’Afrique de l’Est en tête
Au sein de ce panorama continental, les perspectives varient considérablement d’une région à l’autre. L’Afrique de l’Est est projetée comme la sous‑région la plus dynamique, avec une croissance qui pourrait atteindre près de 5,8 % en 2026, tirée par des économies comme l’Éthiopie et le Kenya, ainsi que par des initiatives d’intégration régionale et l’essor des énergies renouvelables.
En revanche, le rapport indique que la croissance moyenne en Afrique du Nord devrait passer de 4,3 % en 2025 à environ 4,1 % en 2026, ce qui représente un léger ralentissement par rapport à l’année précédente. Pendant ce temps, d’autres sous‑régions comme l’Afrique centrale et l’Afrique australe sont attendues à des rythmes plus modérés, avec respectivement environ 3,0 % pour l’Afrique centrale et 2,0 % pour l’Afrique australe en 2026, bien que ces dernières affichent une progression par rapport à leurs chiffres de 2025..
Cette disparité régionale montre que, même si le continent affiche une tendance générale à la reprise, la consolidation de la croissance dépendra fortement des politiques nationales et des capacités des États à mobiliser les ressources nécessaires pour surmonter les obstacles structurels qui persistent dans de nombreux pays.
Contraintes économiques et risques pour l’avenir
Malgré ces signaux encourageants, l’ONU met en garde contre plusieurs obstacles qui pourraient limiter la portée et la durabilité de cette croissance. Parmi les facteurs de risque figurent les coûts élevés du service de la dette, qui absorbent une part importante des recettes publiques dans de nombreux pays africains et réduisent l’espace fiscal disponible pour des investissements en infrastructures, éducation ou santé.
De plus, l’incidence des chocs climatiques et des phénomènes extrêmes — tels que les sécheresses et les inondations — continue de peser sur les économies locales, affectant l’agriculture, la sécurité alimentaire et les revenus des populations rurales. Ces événements renforcent la vulnérabilité des économies africaines face aux aléas externes et internes, rendant nécessaire une planification stratégique et des mesures d’adaptation renforcées.
Les tensions commerciales mondiales et l’incertitude entourant l’accès aux marchés internationaux constituent également des défis majeurs selon le rapport. L’expiration de certains régimes préférentiels commerciaux comme l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) et la mise en œuvre progressive de la Zone de libre‑échange continentale africaine (AfCFTA) laissent entrevoir des opportunités mais aussi des défis pour les exportateurs africains.
Entre opportunités et défis, un cap vers une croissance prudente
Alors que l’Afrique s’oriente vers une croissance économique potentielle de 4 % en 2026, cette trajectoire reflète un équilibre délicat entre des progrès tangibles et des défis. La perspective d’un rebond modéré constitue une opportunité pour renforcer la résilience économique, stimuler l’emploi et améliorer les conditions de vie de millions de citoyens. Toutefois, la réalisation de ces objectifs dépendra de la capacité des gouvernements africains à mettre en œuvre des politiques audacieuses, à attirer les investissements et à se prémunir contre les chocs externes.
Avec une croissance qui pourrait s’intensifier dans certaines régions tout en restant inégale à l’échelle du continent, 2026 se présente comme une année charnière pour l’Afrique, où les choix politiques et économiques détermineront la solidité d’un développement inclusif et durable.



