Début janvier 2026, plusieurs économies africaines continuent d’enregistrer des niveaux élevés d’endettement auprès du Fonds monétaire international (FMI). Dans une situation de pressions économiques, ces niveaux d’endettement reflètent des défis structurels à la fois historiques et actuels que traversent plusieurs économies du continent. L’ampleur des crédits du FMI mobilisés par ces États montre l’importance des appuis financiers internationaux pour stabiliser les finances publiques, tout en soulevant des questions sur les marges de manœuvre budgétaires des gouvernements. Pour de nombreux États africains, l’équilibre entre soutien externe, réformes économiques et croissance durable reste une question centrale en 2026.
Évolution des dettes auprès du FMI et facteurs d’endettement en Afrique
Sur le continent africain, l’endettement auprès du FMI est souvent la réponse à des besoins urgents de financement liés à des déséquilibres macroéconomiques, à des déficits de balance des paiements ou à des situations de crise. Depuis plusieurs années, une partie importante des États africains a fait appel à l’institution pour renforcer ses réserves de change, soutenir les politiques monétaires ou budgétaires et restaurer la confiance des marchés internationaux. Il est possible que les niveaux d’endettement observés en ce début de 2026 reflètent non seulement la persistance de fardeaux budgétaires hérités de crises passées, mais aussi des résultats de programmes de réformes étalés sur plusieurs années, qui cherchent à améliorer l’efficience économique et la résilience face aux chocs externes.
Dans ce paysage, certains pays ont contracté des crédits conséquents auprès du FMI pour financer des projets d’infrastructure, ajuster leur politique monétaire ou répondre à des besoins temporaires de liquidités. D’autres ont sollicité ces financements pour accompagner des plans de réformes structurelles visant à stimuler la croissance, stabiliser les taux de change ou alléger les pressions inflationnistes dans une situation économique mondiale volatile. En outre, certaines économies font face à des dynamiques particulières liées à la gestion de leurs ressources naturelles, aux chocs de prix sur les produits d’exportation ou aux investissements publics massifs, qui influencent leurs besoins de financement externe.
L’Égypte, le Kenya et les autres grandes économies africaines endettées
Parmi les pays africains, l’Égypte reste en tête des dettes les plus élevées envers le FMI au début de 2026, avec plus de 6,2 milliards de DTS en crédits en cours. Cette situation s’explique par des déséquilibres économiques et une dépendance ancienne à l’égard de l’assistance du Fonds pour faire face à des pressions sur la balance des paiements et sur les réserves de change, malgré des programmes de réforme ambitieux visant à stabiliser l’économie nationale.
La Côte d’Ivoire, avec environ 3,6 milliards de DTS, se positionne également parmi les pays africains les plus exposés aux crédits du FMI. Son niveau d’endettement reflète une situation où les besoins en financement pour maintenir la stabilité économique et poursuivre les projets d’investissement public se combinent avec des défis liés à la volatilité des marchés et aux pressions budgétaires. Dans ce cas précis, l’endettement est souvent perçu comme un moyen d’appuyer une croissance soutenue tout en cherchant à répondre aux attentes des investisseurs internationaux.
Plus à l’est, le Kenya se distingue par une dette auprès du FMI proche de 2,9 milliards de DTS, reflétant l’importance des financements extérieurs pour soutenir des investissements dans les infrastructures, compenser des revenus fiscaux insuffisants et répondre à des besoins de financement pour des projets de développement nationaux. Cette dynamique traduit aussi la complexité de la gestion des finances publiques dans un contexte de croissance qui, bien que dynamique, reste contrainte par des réalités économiques internes et externes.
Le Ghana, qui a récemment approuvé un large plan de restructuration de dette avec plusieurs créanciers, reste aussi l’un des débiteurs importants du FMI en Afrique, avec un encours de plus de 2,8 milliards de DTS en début d’année. Les engagements pris par Accra montrent comment des stratégies de rééchelonnement et de soutien international peuvent accompagner les efforts nationaux pour restaurer la stabilité macroéconomique après des périodes de turbulences économiques.
Autres économies africaines et implications de l’endettement FMI
Outre ces pays, la République démocratique du Congo et l’Angola apparaissent aussi parmi les principales économies africaines ayant contracté des dettes importantes auprès du FMI, avec respectivement plus de 2,2 milliards et plus de 2,5 milliards de DTS de crédits en cours. Dans ces cas, la dette auprès du Fonds révèle la nécessité pour des États riches en ressources naturelles mais confrontés à des contraintes budgétaires et à des chocs externes d’obtenir un soutien financier pour maintenir la cohésion de leurs politiques économiques.
Plusieurs autres pays, tels que l’Éthiopie (1,5 milliard de DTS), la Tanzanie (1,3 milliard de DTS), le Cameroun (1 2 milliard de DTS) ou encore la Zambie (1 1 milliard de DTS), affichent également des niveaux d’endettement significatifs auprès du FMI, soulignant que l’assistance du Fonds est un outil financier largement utilisé dans différentes régions du continent. Pour ces économies, les crédits du FMI permettent de gérer des défis spécifiques tels que les déficits budgétaires, le financement des importations essentielles ou encore les réformes structurelles nécessaires pour attirer des investissements étrangers.
Enjeux politiques, économiques et perspectives d’avenir
L’importance des dettes auprès du FMI pour ces pays africains génère des débats sur les conséquences à long terme de cette dépendance financière. D’un côté, l’assistance du FMI peut contribuer à stabiliser les économies en période de crise, soutenir les programmes de réformes et rassurer les partenaires internationaux. D’un autre côté, elle impose souvent des conditions strictes qui peuvent limiter la capacité des gouvernements à investir dans des secteurs sociaux essentiels tels que l’éducation ou la santé, ou à répondre rapidement à des chocs économiques internes.
Alors que le continent africain navigue entre ces exigences de financement externe et ses ambitions de croissance autonome, la gestion prudente de la dette, la diversification des sources de financement et l’approfondissement des réformes structurelles demeurent des enjeux cruciaux. En ce début de 2026, les trajectoires économiques des pays les plus endettés auprès du FMI continueront de dépendre de l’équilibre entre appui international et développement durable.
Les 10 pays africains les plus endettés auprès du FMI en janvier 2026 (dette en DTS, droits de tirage spéciaux)
- Égypte – 6,2 milliards de DTS
- Côte d’Ivoire – 3,6 milliards de DTS
- Kenya – 2,9 milliards de DTS
- Ghana – 2,8 milliards de DTS
- Angola – 2,5 milliards de DTS
- RDC – 2,2 milliards de DTS
- Éthiopie – 1,6 milliard de DTS
- Tanzanie – 1,3 milliard de DTS
- Cameroun – 1,2 milliard de DTS
- Zambie – 1,1 milliard de DTS



