Bénin : Huguette Gnacadja revient sur 33 ans de pratique du droit

Avocate au barreau du Bénin et présidente de l’Institut national de la femme (INF), Huguette Bokpè Gnacadja a récemment marqué le 33ᵉ anniversaire de son serment d’avocat. À cette occasion, elle est revenue sur son parcours à travers une intervention diffusée sur sa page Facebook, dans laquelle elle a évoqué ses débuts, ses orientations professionnelles et les soutiens qui ont jalonné sa carrière.

Née le 13 mars 1965, Huguette Bokpè Gnacadja prête serment le 14 janvier 1993. Elle rappelle cette date comme un repère fondateur de son engagement professionnel. Ses premiers pas au barreau se font sous la direction de son maître de stage, Alfred Pognon, figure du barreau béninois, dont elle souligne l’apport dans sa formation et la conception du métier qu’il lui a transmise. Elle évoque également l’influence de son père, juriste, qui a contribué à son choix de carrière. Selon son témoignage, ce projet professionnel partagé n’a pu être vu à son terme par ce dernier, décédé avant son accession au barreau.

Le parcours de Huguette Bokpè Gnacadja s’inscrit d’abord dans le champ du droit des affaires. Elle intervient notamment comme conseil juridique auprès d’institutions bancaires, du Port autonome de Cotonou — où elle devient la première femme à exercer cette fonction —, du Millennium Challenge Account, ainsi que de la compagnie africaine Asky. Ces expériences marquent une première phase de sa carrière, tournée vers le conseil et l’accompagnement des structures économiques.

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Parallèlement, elle commence à assurer la défense de dossiers impliquant des femmes, des veuves et des orphelins confrontés à des situations judiciaires complexes. Progressivement, ce champ d’intervention occupe une place centrale dans sa pratique. Elle décrit ce basculement comme le résultat d’une fréquentation accrue de dossiers liés à la vulnérabilité sociale et à l’accès à la justice.

Elle relate notamment des audiences pénales au cours desquelles la relation entre l’avocat et son client dépasse le cadre strictement technique, soulignant la dimension de confiance inhérente à la défense judiciaire, en particulier lorsque le justiciable se trouve en situation de fragilité.

Depuis septembre 2021, Huguette Bokpè Gnacadja occupe des fonctions au sein de l’Institut national de la femme, d’abord comme secrétaire exécutive, puis comme présidente. Cette responsabilité publique entraîne une incompatibilité avec l’exercice de la profession d’avocat, conformément aux textes en vigueur. Elle indique toutefois inscrire son action institutionnelle dans la continuité de son engagement antérieur en faveur des droits des femmes.

À la tête de l’INF, elle intervient sur des dossiers liés aux violences faites aux femmes et à l’accompagnement des victimes. Elle présente cette mission comme une autre modalité de défense, exercée dans un cadre institutionnel. Trente-trois ans après son entrée au barreau, Huguette Bokpè Gnacadja dresse ainsi le parcours d’une carrière marquée par des évolutions successives, entre pratique juridique, conseil institutionnel et action publique, avec pour fil conducteur la question de l’accès à la justice et de la protection des personnes vulnérables.

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