Burkina : le consul honoraire à Bangui révoqué pour manquements graves

Le Burkina Faso et la République centrafricaine entretiennent depuis plusieurs années des relations diplomatiques fondées sur la coopération politique, sécuritaire et économique. Les deux pays, confrontés à des défis similaires liés à la stabilité institutionnelle et à la sécurité, ont multiplié les échanges officiels, notamment à travers leurs représentations diplomatiques. À Bangui, la présence d’un consul honoraire burkinabè visait à faciliter les relations administratives, économiques et communautaires entre les ressortissants des deux États.

C’est dans ce cadre que le gouvernement burkinabè a récemment pris une décision forte concernant sa représentation consulaire en République centrafricaine rapporte APANews. Boukaré Salambore, en poste depuis novembre 2018, a été officiellement révoqué de ses fonctions de consul honoraire à Bangui. La mesure, adoptée en Conseil des ministres, repose sur des manquements jugés graves dans l’exercice de ses responsabilités diplomatiques.

Cette révocation met fin à plus de six années de service au cours desquelles l’ancien consul était chargé d’assurer la protection des intérêts burkinabè, d’appuyer les ressortissants et de renforcer les relations locales avec les autorités centrafricaines.

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Diplomatie burkinabè en République centrafricaine sous surveillance

Selon les autorités de Ouagadougou, des insuffisances répétées ont été relevées dans l’accomplissement des missions confiées au consul honoraire. Les fonctions consulaires exigent notamment un suivi rigoureux des dossiers administratifs, une assistance aux citoyens burkinabè et une collaboration régulière avec les institutions du pays hôte.

Face à ces défaillances, le gouvernement a activé les dispositions prévues par le cadre réglementaire encadrant les postes consulaires honoraires à l’étranger. Ce texte autorise le retrait d’un consul en cas de faute grave, sans obligation de rendre publics les détails des faits reprochés.

Aucune précision n’a été fournie sur la nature exacte des manquements constatés. Les autorités se sont limitées à évoquer des insuffisances sérieuses ayant motivé la décision. À ce stade, aucun successeur n’a été officiellement désigné pour assurer la représentation consulaire du Burkina Faso à Bangui.

Révocation de Boukaré Salambore et gestion des postes consulaires honoraires

La nomination de Boukaré Salambore remontait à novembre 2018, par décret présidentiel. En tant que consul honoraire, il ne bénéficiait pas du statut de diplomate de carrière, mais disposait d’un mandat officiel pour représenter les intérêts burkinabè en République centrafricaine.

La révocation adoptée par le Conseil des ministres intervient dans un cadre administratif strict, défini par un décret datant d’avril 2024, qui précise les conditions d’ouverture, de fonctionnement et de retrait des postes consulaires honoraires. Ce dispositif prévoit expressément la possibilité de mettre fin à un mandat lorsque les obligations liées à la fonction ne sont pas respectées.

La vacance du poste à Bangui pourrait entraîner une réorganisation temporaire de la représentation burkinabè en République centrafricaine. Il est possible que les services diplomatiques basés dans d’autres capitales régionales assurent provisoirement certaines missions consulaires, en attendant une nouvelle nomination.

Une décision aux implications diplomatiques concrètes

Au-delà du cas individuel, cette révocation rappelle les exigences attachées aux fonctions de représentation à l’étranger. Les autorités burkinabè entendent maintenir un niveau de rigueur dans la gestion de leurs missions diplomatiques, y compris lorsqu’il s’agit de postes honoraires.

Pour les ressortissants burkinabè vivant en République centrafricaine, l’enjeu principal reste la continuité de l’assistance consulaire. La désignation d’un nouveau représentant pourrait permettre de rétablir un fonctionnement régulier du service, notamment pour les démarches administratives, l’accompagnement communautaire et les relations avec les autorités locales.

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