À la veille de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations qui opposera le Sénégal au Maroc, ce dimanche 18 janvier, la conférence de presse d’avant-match a été marquée par les critiques de la délégation sénégalaise envers l’organisation. Le sélectionneur Pape Thiaw et la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) ont exprimé leurs inquiétudes quant aux conditions d’accueil et de sécurité réservées à leur équipe. Ces revendications placent la question de l’équité sportive au centre des discussions avant l’ultime rencontre du tournoi.
Loin des considérations purement tactiques, l’encadrement des Lions de la Téranga a tenu à signaler plusieurs incidents survenus depuis leur arrivée à Rabat. La démarche de la Fédération se veut officielle et vise, selon ses dirigeants, à garantir l’intégrité de la compétition face au pays organisateur. Cette prise de parole publique intervient alors que la tension monte naturellement à l’approche du coup d’envoi, les tenants du titre estimant que leur préparation a été altérée par des facteurs exogènes évitables.
Des inquiétudes liées à la sécurité et à l’hébergement
Les griefs du camp sénégalais reposent sur une série de dysfonctionnements logistiques constatés lors des dernières 48 heures. Le premier point de friction concerne l’arrivée de l’équipe à la gare de Rabat, où le dispositif de sécurité a été jugé insuffisant par le staff visiteur. En l’absence d’un périmètre de protection adéquat, les joueurs ont été confrontés à une foule dense, provoquant des bousculades. Pape Thiaw a qualifié cet épisode de dangereux pour l’intégrité physique de son effectif, regrettant un manque d’anticipation de la part des autorités locales pour l’accueil d’une équipe finaliste.
Outre l’aspect sécuritaire, la question de l’hébergement a également fait l’objet de vives discussions. L’hôtel initialement alloué par le comité d’organisation ne correspondait pas, selon la FSF, aux standards requis pour une récupération optimale avant une finale. Après plusieurs échanges tendus, la délégation a finalement obtenu d’être relogée dans un établissement de standing supérieur (5 étoiles). Par ailleurs, la Fédération a officiellement déploré la faiblesse du quota de billets mis à disposition des supporters sénégalais (entre 3 000 et 4 000 places), un chiffre jugé insuffisant au regard de l’enjeu et de la mobilisation des fans venus de Dakar.
Le choix du terrain d’entraînement contesté
Au cœur des revendications sénégalaises se trouve également un désaccord de principe concernant les infrastructures sportives. Le programme officiel prévoyait que les Lions de la Téranga effectuent leurs dernières séances au Centre Technique Mohammed VI. La FSF a catégoriquement refusé cette option, arguant que l’utilisation des installations habituelles de l’équipe nationale marocaine posait un problème d’équité. Pour le camp sénégalais, s’entraîner au cœur du « quartier général » de l’adversaire la veille du match comportait des risques en matière de confidentialité tactique.
Cette situation a contraint les responsables sénégalais à exiger une solution de repli sur un terrain neutre, une demande qui a tardé à être satisfaite selon eux. Ce différend sur le lieu d’entraînement illustre la volonté du Sénégal de préserver une stricte égalité de traitement vis-à-vis du pays hôte. En refusant de céder sur ce point, le staff technique a souhaité protéger sa préparation et s’assurer que le match se joue sur un pied d’égalité, sans avantage logistique pour les Lions de l’Atlas.
Un contexte extra-sportif à maîtriser pour la finale
Ces réclamations publiques témoignent d’un climat de méfiance entre les deux parties, bien que l’enjeu principal reste la confrontation sur le terrain. En listant ces défaillances, Pape Thiaw cherche avant tout à évacuer la frustration de son groupe et à recentrer les débats sur le respect des normes de la compétition. L’objectif pour le staff sénégalais est désormais de cloisonner ces perturbations administratives pour qu’elles n’affectent pas la concentration des joueurs lors de la rencontre décisive.



