Coupe du monde 2026 : Claude Le Roy évoque l'idée d'un boycott à cause de Trump

L’ancien sélectionneur français Claude Le Roy, figure emblématique du football africain, a publiquement soutenu un appel au boycott de la Coupe du monde 2026 qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Cette prise de position inédite intervient en réaction directe aux politiques migratoires de l’administration Trump, qui ciblent massivement le continent africain. Le consultant dénonce une injustice flagrante envers les nations africaines et leurs supporters, alors que plusieurs pays du continent se trouvent désormais frappés d’interdictions de voyage. Cette déclaration soulève la question cruciale de l’utilisation du sport comme outil de protestation politique face à des mesures discriminatoires.

La voix de Claude Le Roy résonne aujourd’hui comme un cri d’alarme dans le monde du football international. Le technicien français, qui a consacré l’essentiel de sa carrière à développer le football africain en dirigeant de nombreuses sélections du continent, refuse de rester silencieux face aux restrictions imposées par Washington. Son engagement pour l’Afrique ne date pas d’hier : durant plusieurs décennies, il a arpenté les stades de Dakar à Kinshasa, de Yaoundé à Libreville, tissant des liens indéfectibles avec les footballeurs et les populations locales. Cette proximité exceptionnelle avec le continent lui confère une légitimité particulière pour porter cette revendication qui dépasse largement le cadre sportif.

Une protestation contre les restrictions américaines visant l’Afrique

L’indignation de Claude Le Roy s’inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu entre les États-Unis et plusieurs nations africaines. Depuis décembre 2025, l’administration Trump a considérablement durci sa politique migratoire à l’égard du continent africain. Cinq pays se sont vu imposer une interdiction totale de voyage : le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Soudan du Sud, ainsi que la Syrie. Les ressortissants de ces nations ne peuvent désormais plus fouler le sol américain, quelle que soit la nature de leur demande. Mais les restrictions ne s’arrêtent pas là. Le 14 janvier 2026, Washington a annoncé le gel complet de toutes les procédures de visas d’immigrants pour 75 pays à travers le monde, dont 26 se situent sur le continent africain. Au total, vingt pays africains subissent des limitations drastiques dans leurs démarches d’obtention de visas américains, faisant de l’Afrique la région la plus lourdement affectée par ce durcissement sécuritaire. Ces mesures, qualifiées de « travel ban » représentent un obstacle majeur pour les échanges humains, économiques et culturels entre l’Amérique et l’Afrique.

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Comme on peut le lire sur RFI, l’ancien entraîneur ne mâche pas ses mots lorsqu’il évoque ces décisions qu’il juge profondément injustes et discriminatoires. Pour lui, organiser un événement planétaire tel que la Coupe du monde tout en empêchant une partie substantielle des supporters africains de s’y rendre constitue une contradiction inacceptable. Comment célébrer l’universalité du football quand des nations entières se voient privées de la possibilité d’accompagner leurs équipes sur le terrain ? Cette interrogation soulève un paradoxe fondamental que la FIFA et les instances internationales du football devront affronter dans les mois à venir. Le consultant rappelle également que plusieurs sélections africaines qualifiées pour le tournoi risquent de jouer devant des tribunes quasi vides de leurs propres supporters, créant une inégalité criante dans les conditions de compétition.

Le football africain pris en otage des tensions géopolitiques

La position de Claude Le Roy trouve un écho particulier au lendemain de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, où il avait déjà pris la défense du Sénégal face aux critiques formulées après le comportement controversé de certains joueurs en finale. Cette défense des intérêts africains s’inscrit dans une continuité logique pour un homme qui a toujours considéré le continent comme sa seconde patrie sportive. Son appel au boycott ne vise pas seulement à dénoncer les politiques de Trump, mais également à rappeler que le football ne saurait se développer dans un environnement où la libre circulation des personnes est entravée par des considérations politiques ou sécuritaires discutables.

Les implications d’un tel boycott dépasseraient largement le cadre sportif. Si plusieurs nations africaines décidaient collectivement de renoncer à participer au Mondial 2026, l’événement perdrait une part significative de sa diversité et de son attractivité. L’Afrique compte aujourd’hui parmi les forces montantes du football international, avec des sélections qui ont brillé lors des dernières éditions et une jeunesse talentueuse qui s’impose dans les plus grands championnats européens. Priver la compétition de cette dimension africaine reviendrait à amputer le football mondial d’une de ses composantes les plus dynamiques et spectaculaires. La question se pose également pour les joueurs africains évoluant dans des clubs américains ou envisageant d’y poursuivre leur carrière : comment concilier ambitions professionnelles et solidarité continentale face à des politiques jugées humiliantes ?

Claude Le Roy et l’héritage d’un engagement pour l’Afrique

Au-delà de la dimension protestataire, l’intervention de Claude Le Roy interroge sur le rôle des personnalités sportives dans les débats de société. Le consultant, fort de son expérience et de sa notoriété, utilise sa tribune médiatique pour porter une parole politique qui résonne bien au-delà des terrains de football. Les prochaines semaines seront déterminantes pour mesurer l’impact réel de cet appel au boycott. Les fédérations africaines de football devront se positionner collectivement, tout comme la Confédération Africaine de Football qui pourrait jouer un rôle de coordination. La FIFA, pour sa part, se retrouve dans une situation délicate : garantir l’universalité de son événement phare tout en maintenant ses relations avec le pays hôte. Le président Gianni Infantino n’a pour l’instant formulé aucune réaction officielle. Claude Le Roy, quant à lui, a tracé une ligne rouge : celle de la dignité des peuples africains face à des politiques qu’il estime contraires aux valeurs fondamentales du sport et de l’humanité.

1 réflexion au sujet de « Coupe du monde 2026 : Claude Le Roy évoque l'idée d'un boycott à cause de Trump »

  1. Un pays souverain a le droit de décider qui entre sur son territoire ou pas !
    Allez taper dans votre p*** de ballon au lieu de dire n’importe quoi

    Répondre

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