Donald Trump se proclame président par intérim du Venezuela sur les réseaux sociaux

Le président américain a publié dimanche soir sur Truth Social une capture d’écran le présentant comme « président par intérim du Venezuela » depuis janvier 2026, suscitant interrogations et controverses alors que Delcy Rodríguez dirige officiellement Caracas depuis le 5 janvier. Cette autoproclamation numérique, diffusée plus d’une semaine après l’intervention militaire ayant conduit à l’arrestation de Nicolás Maduro, crée une ambiguïté juridique inédite sur l’autorité réelle au Venezuela.

Donald Trump a franchi une nouvelle étape dans sa communication relative au Venezuela en diffusant dimanche vers 20 heures (heure de l’Est) un visuel stylisé évoquant une page encyclopédique en ligne. Le document présentait son portrait officiel accompagné de la mention « président par intérim du Venezuela, en fonction – janvier 2026″, tout en conservant ses titres de 45ème et 47ème président des États-Unis. La publication, dénuée de tout commentaire explicatif, a immédiatement généré des réactions contrastées à l’échelle internationale.

Cette initiative survient dans un contexte déjà tendu depuis l’opération « Absolute Resolve » menée par Washington dans la nuit du 2 au 3 janvier. Les forces spéciales américaines avaient alors bombardé plusieurs sites stratégiques avant d’extraire Maduro et son épouse vers New York pour y affronter des accusations de narcoterrorisme. L’intervention avait causé la mort d’au moins 80 Vénézuéliens selon le New York Times, auxquels s’ajoutaient 32 Cubains assurant la sécurité du dirigeant déchu.

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Delcy Rodríguez investie présidente par intérim face aux prétentions américaines

Deux jours après la capture de Maduro, le 5 janvier, l’ancienne vice-présidente Delcy Rodríguez prêtait serment devant l’Assemblée nationale vénézuélienne, assumant constitutionnellement les fonctions présidentielles conformément à l’article 233 de la Constitution. La Cour suprême vénézuélienne avait formellement ordonné cette passation de pouvoir pour une période initiale de 90 jours renouvelables, légitimant ainsi la transition institutionnelle à Caracas. Lors d’une cérémonie émotionnelle, Rodriguez avait évoqué avec « douleur » ce qu’elle qualifiait d' »enlèvement » de deux personnalités retenues « en otage » aux États-Unis, tout en promettant de ne pas « se reposer une minute » pour garantir la stabilité nationale.

L’investiture s’était déroulée en présence de figures emblématiques du chavisme, dont son frère Jorge Rodríguez reconduit à la présidence parlementaire, et Nicolás Maduro Guerra, fils du dirigeant incarcéré, qui avait exprimé son « soutien inconditionnel » à la nouvelle dirigeante. Les jours suivants, Rodríguez nommait Calixto Ortega Sánchez vice-président chargé de l’Économie, signalant une volonté de continuité gouvernementale malgré les pressions extérieures.

La posture de Trump entre frontalement en contradiction avec les déclarations antérieures de Marco Rubio, secrétaire d’État américain, qui affirmait ne pas vouloir gérer quotidiennement le Venezuela et permettrait aux collaborateurs de Maduro de conserver leurs fonctions dirigeantes. Cette dissonance communicationnelle alimente les spéculations sur les véritables objectifs de Washington : s’agit-il d’une provocation symbolique ou d’une revendication sérieuse de gouvernance directe ? Le président américain avait précédemment annoncé que son pays « dirigerait » le Venezuela durant une période indéterminée, le temps d’assurer une « transition sûre » conforme aux intérêts américains.

Trump et le contrôle des ressources pétrolières vénézuéliennes au cœur des tensions

Les motivations énergétiques constituent manifestement le moteur central de l’engagement américain. Trump a confirmé que les autorités vénézuéliennes livreraient entre 30 et 50 millions de barils d’hydrocarbures actuellement sous sanctions internationales, ces volumes devant être commercialisés au prix du marché avec des revenus maintenus sous contrôle présidentiel américain. Vendredi dernier, le milliardaire républicain signait un décret proclamant l’état d’urgence nationale pour « protéger les revenus pétroliers vénézuéliens » détenus sur des comptes du Trésor américain, précisant que ces fonds serviraient les « objectifs de politique étrangère des États-Unis« .

Cette stratégie s’accompagne d’une rhétorique de reconquête économique. Trump justifie régulièrement son action en évoquant les nationalisations opérées par Hugo Chávez en 2007, qualifiées de « plus grands vols de propriété américaine de l’histoire« . Le locataire de la Maison Blanche a promis d’investir massivement dans les infrastructures pétrolières délabrées du Venezuela, tout en maintenant l’embargo sur les exportations vers d’autres destinations que les États-Unis. Lors d’une rencontre avec des dirigeants pétroliers américains vendredi, le président avait exhorté les majors à investir immédiatement au Venezuela, essuyant notamment un refus prudent d’ExxonMobil dont le patron évoquait un pays « non investissable » sans réformes profondes.

Dimanche, quelques heures avant sa publication controversée, Trump déclarait être disposé à rencontrer Delcy Rodríguez « à un moment donné », reconnaissant collaborer « vraiment bien » avec Caracas. Cette ouverture diplomatique contraste radicalement avec son autoproclamation numérique, suggérant une stratégie à niveaux multiples visant à maximiser l’influence américaine. Le gouvernement Rodriguez a d’ailleurs amorcé un « processus exploratoire » pour rétablir les relations diplomatiques rompues depuis 2019, tout en insistant publiquement sur son refus d’être « subordonné » à Washington. Les semaines à venir détermineront si cette dualité aboutira à une cogestion tacite ou à une confrontation prolongée entre les deux capitales.

2 réflexions au sujet de “Donald Trump se proclame président par intérim du Venezuela sur les réseaux sociaux”

  1. pour gouverner un pays, fait y aller, ça se passe pas sur internet.
    ce psychopathe va le découvrir à ses frais
    quand les colons yankees vont débarquer au Vénézuela, s,ils osent, qu,ils pensent au stock de cercueils……ça va leur rappeler de vieux souvenirs, Vietnam, Pakistan etc….

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  2. Donald Trump se proclame président par intérim du Venezuela sur les réseaux sociaux

    La vieillesse fait apparaître tous les défauts accumulés le long de la vie et avec les réseaux dits sociaux ces décadences s’affichent à la face du monde.
    le vilain gros caneton joue au caïd des cours de récréation qui file dès la sortie des classes pour ne pas se faire remonter les bretelles dans la rue.

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