Elon Musk menace de racheter Ryanair après une violente joute verbale avec son PDG

Le milliardaire américain et *Michael O’Leary*, patron de la compagnie irlandaise low-cost, se sont livrés à un échange d’insultes particulièrement virulent sur le réseau social X ce vendredi 17 janvier 2026. Cette confrontation publique trouve son origine dans le refus catégorique de *Ryanair* d’installer le service internet Starlink à bord de sa flotte. Les deux dirigeants se sont mutuellement qualifiés d’« idiots », avant que Musk n’évoque sérieusement l’idée d’acquérir la compagnie aérienne européenne. L’affrontement illustre les tensions croissantes entre les géants de la tech et l’industrie aéronautique traditionnelle autour de la connectivité en vol.

Starlink et Ryanair : les raisons d’un refus qui fait polémique

La semaine avait pourtant débuté de manière relativement calme lorsque le dirigeant de la première compagnie aérienne européenne en nombre de passagers a fait connaître sa position concernant l’offre de SpaceX. Selon lui, équiper les quelque 600 appareils de sa flotte avec les antennes nécessaires au fonctionnement du service satellitaire engendrerait une pénalité de carburant d’environ deux pour cent en raison du poids et de la résistance aérodynamique supplémentaires. Cette surcharge représenterait une facture annuelle comprise entre 200 et 250 millions de dollars, un montant qu’O’Leary juge incompatible avec le modèle économique ultra-compétitif de son entreprise qui propose des billets parfois inférieurs à vingt euros.

Le patron irlandais a également souligné que la majorité des voyageurs empruntant ses lignes, essentiellement des trajets courts de moins de deux heures, ne seraient pas disposés à débourser une somme supplémentaire pour accéder à internet durant leur vol. Cette analyse s’inscrit parfaitement dans la philosophie commerciale de Ryanair, qui a bâti son succès sur la réduction systématique des coûts et la facturation séparée de chaque service additionnel. Le constructeur Boeing aurait d’ailleurs confirmé à la compagnie irlandaise la nécessité d’installer une antenne externe sur le fuselage, renforçant les craintes exprimées quant à l’impact sur la consommation de kérosène.

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SpaceX face aux compagnies aériennes : une conquête stratégique du ciel

Le secteur de la connectivité aérienne représente un enjeu commercial considérable pour l’entreprise spatiale fondée par Musk. Starlink, qui s’appuie sur une constellation de plusieurs milliers de satellites en orbite basse terrestre, promet des vitesses de connexion nettement supérieures aux systèmes traditionnels utilisés dans l’aviation. Une étude menée en 2025 par l’université Cornell a démontré que cette technologie offrait des débits souvent supérieurs à 200 mégabits par seconde, comparables aux performances d’une connexion domestique de qualité. Cette capacité permet désormais aux passagers de streamer des vidéos ou de participer à des visioconférences en plein vol, des usages auparavant impossibles avec les équipements conventionnels.

Plus d’une vingtaine de transporteurs majeurs ont déjà franchi le pas, parmi lesquels United Airlines, Qatar Airways, Lufthansa et plus récemment SAS. Le groupe allemand Lufthansa a notamment annoncé cette semaine son intention d’équiper l’intégralité de sa flotte avec cette technologie. Les analystes du secteur considèrent toutefois Starlink comme un produit premium, davantage adapté aux vols long-courriers et aux compagnies traditionnelles qu’aux transporteurs à bas coûts. Michael Nicolls, vice-président de l’ingénierie chez Starlink, a réfuté les chiffres avancés par Ryanair, affirmant que la pénalité de deux pour cent correspondait aux anciens terminaux et que les équipements actuels se révèlent bien plus efficients.

Musk et O’Leary : une escalade verbale sans précédent entre deux personnalités clivantes

La réponse du propriétaire de X ne s’est pas fait attendre. Sur sa propre plateforme, il a qualifié les propos du dirigeant irlandais de mal informés, assurant que l’impact réel sur la consommation pourrait être ramené sous la barre des 0,1 pour cent. Il a également averti que Ryanair risquait de perdre des clients au profit de concurrents proposant une connexion internet de qualité à bord. Le ton est monté d’un cran lors d’une intervention d’O’Leary sur la station de radio irlandaise Newstalk, durant laquelle il a affirmé que le milliardaire américain ne connaissait strictement rien à l’aéronautique, le qualifiant au passage de « très fortuné mais néanmoins idiot ».

La riposte de Musk fut cinglante. Il a exigé publiquement le licenciement du patron de Ryanair, estimant qu’il s’agissait d’un « parfait imbécile ». Lorsqu’un internaute lui a suggéré d’acquérir lui-même la compagnie pour congédier son dirigeant, le fondateur de Tesla a simplement répondu « bonne idée ». Une panne survenue sur le réseau X aux États-Unis a fourni à Ryanair l’occasion d’une nouvelle pique, le compte officiel de la compagnie demandant ironiquement si Musk n’aurait pas besoin de Wi-Fi. Ce dernier a alors évoqué la possibilité de racheter l’entreprise irlandaise pour la confier à « quelqu’un portant véritablement le prénom Ryan ».

Cette confrontation spectaculaire met en lumière deux visions radicalement opposées de l’aviation commerciale. D’un côté, un modèle low-cost poussé à l’extrême qui refuse tout investissement ne générant pas un retour immédiat. De l’autre, une ambition technologique cherchant à imposer de nouveaux standards de connectivité dans les airs. Si les menaces d’acquisition formulées par Musk relèvent probablement davantage de la provocation que d’une intention réelle, son rachat de Twitter en 2022 rappelle que le milliardaire peut parfois concrétiser ses déclarations les plus surprenantes. Les analystes noteront que Ryanair, malgré sa position dominante en Europe, pourrait effectivement se trouver désavantagée si la connectivité en vol devenait un critère déterminant pour les voyageurs, même sur des trajets de courte durée.

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