Face aux menaces de Trump, la Belgique confirme l’existence d’un « plan B » pour le Groenland

Lors d’une intervention remarquée sur le plateau de l’émission De Afspraak op vrijdag ce 16 janvier 2026, le ministre belge de la Défense, Theo Francken, a levé le voile sur les préparatifs européens face aux tensions croissantes dans l’Arctique. Interrogé sur l’hypothèse d’une action de force de Washington pour s’emparer du territoire danois, le représentant de la N-VA a confirmé que Bruxelles et ses partenaires avaient anticipé tous les scénarios, y compris les plus sombres. Bien que le ministre juge une offensive militaire directe peu probable entre alliés, cette déclaration officielle souligne la fébrilité qui règne au sein de l’OTAN face aux ambitions territoriales décomplexées de l’administration Trump.

La réponse stratégique de la Belgique et l’Europe face à l’imprévisible

La sortie médiatique de Theo Francken marque un tournant dans la communication gouvernementale belge, rompant avec la prudence diplomatique habituelle pour aborder frontalement une crise qui semblait jusqu’alors impensable. En affirmant que la Défense belge dispose d’une alternative stratégique prête à être activée, le ministre ne cherche pas à attiser le conflit, mais plutôt à démontrer la résilience de l’appareil sécuritaire européen. Cette préparation, qualifiée de « plan B », implique une coordination étroite entre les capitales du Vieux Continent pour réagir politiquement et logistiquement si l’intégrité territoriale du Danemark venait à être violée. Il ne s’agit plus de simples discussions de couloirs, mais bien d’une planification concrète visant à protéger les intérêts souverains de l’Europe du Nord.

L’aveu du ministre belge illustre également la prise de conscience brutale de la nécessité d’une autonomie stratégique réelle, un thème récurrent de son mandat actuel. Pour Bruxelles, il est désormais impossible de baser sa sécurité uniquement sur la bienveillance traditionnelle du partenaire américain, surtout lorsque celui-ci adopte une posture de prédateur vis-à-vis d’un État membre de l’Union européenne. Si Theo Francken conserve l’espoir que la raison l’emportera à Washington, assurant ne pas croire fondamentalement à une attaque armée, le simple fait d’évoquer publiquement des mesures d’urgence témoigne de la gravité de la situation. L’Europe semble vouloir envoyer un signal de dissuasion : elle n’est pas dupe et ne se laissera pas surprendre par un coup de force, fusse-t-il perpétré par son allié historique.

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Escalade diplomatique : Les pressions de Donald Trump sur le Groenland et le Danemark

Cette posture défensive de Bruxelles répond directement à l’escalade verbale et aux manœuvres coercitives orchestrées par Trump depuis le début de l’année 2026. Donald Trump a transformé sa fixation sur le Groenland en un impératif de sécurité nationale absolu, justifiant ses ambitions par la nécessité de contrer l’influence chinoise et russe dans le Grand Nord. La rhétorique présidentielle américaine s’est considérablement durcie vers la mi-janvier, franchissant un cap inquiétant lorsque le président a lancé un ultimatum sans équivoque, affirmant que les États-Unis obtiendraient le contrôle de l’île « par la manière douce ou la manière forte ». Cette menace explicite de recourir à la coercition a immédiatement placé les chancelleries européennes en état d’alerte maximale.

Le locataire de la Maison-Blanche ne s’est d’ailleurs pas contenté de menaces militaires voilées ; il a joint le geste à la parole en brandissant l’arme économique contre ses propres partenaires. Dans une déclaration récente, il a évoqué la mise en place de droits de douane punitifs ciblant spécifiquement les nations qui s’opposeraient au transfert de souveraineté du territoire arctique. Cette stratégie de chantage économique s’accompagne d’une campagne de dénigrement des capacités militaires scandinaves, Donald Trump ayant raillé la défense danoise en affirmant qu’elle ne reposait que sur « deux traîneaux à chiens », un argumentaire populiste visant à délégitimer la souveraineté de Copenhague. C’est ce cocktail explosif mêlant ultimatum sécuritaire et guerre commerciale qui a contraint les alliés du Danemark, Belgique en tête, à sortir de leur réserve.

L’OTAN à l’épreuve d’une fracture interne inédite

Au-delà de la relation bilatérale entre Copenhague et Washington, c’est l’architecture même de l’Alliance atlantique qui se trouve ébranlée par ces développements. La confirmation par Theo Francken de préparatifs d’urgence met en lumière le dilemme existentiel auquel l’OTAN pourrait faire face : comment réagir si le chef de file de l’Alliance menace l’intégrité d’un autre membre ? Le « plan B » évoqué suggère que les Européens envisagent désormais l’Alliance non plus comme un bloc monolithique, mais comme un espace où des intérêts divergents peuvent mener à des confrontations directes. La solidarité européenne, souvent testée, se trouve ici face à son défi ultime : faire bloc derrière le Danemark sans provoquer une rupture définitive avec la puissance protectrice américaine, garante du parapluie nucléaire.

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