La police roumaine a procédé ce mardi 14 janvier à l’arrestation d’un jeune homme de 23 ans recherché dans le cadre d’une enquête pour homicide ouverte dans le Bas-Rhin. Andrei Boila est suspecté d’avoir ôté la vie à sa mère, Simona Boila, médecin cardiologue d’origine roumaine établie à Molsheim, dont le corps carbonisé avait été retrouvé fin octobre dans son domicile. L’interpellation s’est déroulée à Cluj-Napoca, ville natale de la victime située dans le nord-ouest de la Roumanie, grâce à la mobilisation des forces de l’ordre locales et à plusieurs signalements de témoins. Cette arrestation intervient après plus de deux mois d’une traque internationale menée conjointement par les autorités françaises et roumaines dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen.
Une opération minutieusement préparée par les services de police du département de Cluj a permis de mettre fin à la fuite du principal suspect dans cette affaire qui avait profondément marqué la communauté médicale alsacienne. Les enquêteurs roumains avaient multiplié les dispositifs de surveillance et les contrôles ciblés dans les transports publics de la région, conscients que le fugitif pouvait chercher refuge dans cette zone qu’il connaissait depuis son enfance. Les informations recueillies auprès de plusieurs habitants ayant aperçu le jeune homme ont progressivement permis de circonscrire le périmètre des recherches autour d’un quartier commercial très fréquenté de la deuxième plus grande ville de Transylvanie. Cette collaboration entre citoyens et forces de l’ordre montre l’efficacité des appels à témoins diffusés des deux côtés de l’Europe depuis le début du mois de novembre.
Mandat d’arrêt européen et coopération policière franco-roumaine
L’interpellation proprement dite s’est produite aux alentours de 10h50, heure locale, à proximité immédiate d’un centre commercial où le suspect avait été repéré. Les policiers du département de Cluj, qui avaient établi un dispositif discret dans le secteur identifié, ont pu procéder à son identification formelle grâce au signalement détaillé transmis par la gendarmerie française. Le jeune homme, décrit comme mesurant environ 1,80 mètre et arborant une chevelure brune bouclée assez longue, n’a opposé aucune résistance lors de son appréhension. Après une fouille effectuée sur place conformément aux procédures en vigueur, il a été conduit dans un local sécurisé avant son transfert vers les locaux du commissariat central. Les autorités roumaines ont documenté l’ensemble de cette opération dans une vidéo diffusée sur leurs réseaux officiels, témoignant de la rigueur avec laquelle cette intervention avait été planifiée et exécutée.
Les événements tragiques à l’origine de cette traque internationale remontent à la fin du mois d’octobre dernier, lorsque les services de secours alsaciens avaient été alertés par une collaboratrice du cabinet médical où exerçait la victime. Cette assistante, inquiète de constater l’absence prolongée de la praticienne alors que plusieurs patients attendaient leur consultation, avait contacté les gendarmes pour solliciter une vérification à son domicile. En se rendant au pavillon situé à environ un kilomètre du lieu de travail de la cardiologue, les militaires avaient immédiatement perçu une odeur caractéristique d’essence émanant de l’habitation, les conduisant à requérir l’intervention des sapeurs-pompiers. Ces derniers avaient alors découvert à l’intérieur un corps entièrement calciné, impossible à identifier visuellement dans un premier temps, dans une pièce partiellement consumée par les flammes. Les investigations préliminaires avaient permis d’établir que le sinistre s’était vraisemblablement déclaré dans la soirée précédente, le 29 octobre, et qu’un défaut de combustible avait limité la propagation de l’incendie au reste de la structure.
Enquête pour meurtre dans le Bas-Rhin : les prochaines étapes judiciaires
La procureure de la République de Strasbourg, Clarisse Taron, a officiellement confirmé l’arrestation du suspect aux médias français, précisant que celui-ci devait désormais comparaître devant le parquet de la cour d’appel de Cluj pour les formalités relatives à l’exécution du mandat d’arrêt européen émis par la justice française. Le dossier a été confié aux enquêteurs spécialisés en affaires criminelles de la ville roumaine, qui travaillent en étroite coordination avec leurs homologues français pour organiser le transfèrement du mis en cause vers l’Hexagone. Cette procédure de remise entre États membres de l’Union européenne, encadrée par des mécanismes de coopération judiciaire renforcés depuis leur mise en place au début des années 2000, devrait permettre un rapatriement dans des délais relativement brefs une fois les formalités administratives accomplies devant les juridictions roumaines compétentes.
Selon les éléments portés à la connaissance du public par la presse régionale alsacienne dès les premiers jours de l’enquête, le suspect présenterait des antécédents d’ordre psychiatrique susceptibles d’éclairer les circonstances de ce drame familial. Né en 2003 dans la même ville où il vient d’être appréhendé, le jeune homme avait manifestement conservé des attaches dans cette région de Roumanie, ce qui explique probablement son choix de s’y réfugier après les faits. Sa mère, arrivée en France il y a plusieurs années pour y exercer sa profession de spécialiste en cardiologie, s’était forgé une solide réputation au sein de la communauté médicale de Molsheim, où ses patients et collègues la décrivaient comme une praticienne particulièrement appréciée et dévouée. L’annonce de sa mort dans des circonstances aussi violentes avait suscité une vive émotion dans cette commune bas-rhinoise d’environ 10 000 habitants, peu accoutumée à des faits divers d’une telle gravité. Les suites judiciaires de cette affaire dépendront désormais de la célérité avec laquelle les autorités roumaines procéderont à la remise du suspect aux enquêteurs français chargés d’élucider les circonstances exactes de cet homicide présumé.



