Le Kremlin a confirmé ce lundi 19 janvier 2026 avoir reçu une invitation officielle pour que le président russe intègre le nouveau conseil de la paix créé par Washington. Cette annonce intervient alors que l’administration Trump multiplie les sollicitations auprès de dirigeants du monde entier pour constituer cet organe international chargé de superviser la reconstruction de la bande de Gaza. Moscou indique étudier actuellement les détails de cette proposition transmise par voie diplomatique. L’inclusion potentielle de la Russie dans cette initiative américaine soulève des interrogations sur l’architecture géopolitique de ce mécanisme inédit.
Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a révélé lors d’un point presse régulier que Vladimir Poutine figurait parmi les destinataires des courriers envoyés par la Maison Blanche ces derniers jours. Les autorités russes ont précisé vouloir établir des contacts avec leurs homologues américains afin de clarifier l’ensemble des modalités de fonctionnement de cette nouvelle structure. Cette démarche diplomatique survient dans une situation particulière, alors que les relations entre Washington et Moscou demeurent tendues en raison du conflit ukrainien toujours en cours. L’invitation adressée au dirigeant russe témoigne néanmoins de la volonté américaine de rassembler un éventail large de puissances mondiales autour de la question gazaouie, indépendamment des tensions bilatérales existantes.
Le conseil de la paix, une organisation internationale sous présidence américaine
Le conseil de la paix constitue une entité intergouvernementale d’un genre nouveau, officiellement mandatée par la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations Unies adoptée en novembre 2025. Cette structure vise à accompagner la transition politique et la renaissance économique du territoire palestinien dévasté par plus de deux années de conflit armé. L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair avait initialement conceptualisé ce mécanisme dès l’été 2025 lors d’échanges avec le président américain et son conseiller Jared Kushner à la Maison Blanche. Le plan en vingt points présenté par Trump lors de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies a ensuite intégré ces propositions, aboutissant à un accord entre Israël et le Hamas entré en vigueur le 10 octobre 2025.
L’architecture institutionnelle retenue prévoit trois échelons hiérarchiques distincts. Au sommet siège le conseil de la paix lui-même, présidé par Donald Trump et composé de personnalités américaines influentes ainsi que de dirigeants étrangers. Le secrétaire d’État Marco Rubio, l’envoyé spécial Steve Witkoff, le président de la Banque mondiale Ajay Banga et le milliardaire Marc Rowan en font partie. Un conseil exécutif pour Gaza rassemble ensuite des représentants régionaux, notamment le chef des renseignements égyptiens, le ministre turc des Affaires étrangères et des diplomates qataris et émiratis. Enfin, un comité national palestinien de technocrates dirigé par Ali Shaath assure la gestion quotidienne des services publics sur le terrain, sous la supervision du Haut Représentant Nickolay Mladenov.
Soixante nations sollicitées pour rejoindre l’initiative Trump sur Gaza
La campagne d’adhésion lancée par Washington ces derniers jours a ciblé une soixantaine de pays à travers la planète. La Hongrie du Premier ministre Viktor Orbán et le Vietnam ont d’ores et déjà accepté de participer à cette initiative. L’Argentine, le Canada, l’Albanie, le Pakistan, la Jordanie, la Grèce et Chypre figurent également parmi les États ayant confirmé la réception d’une invitation formelle. Les lettres personnalisées adressées par Trump aux différents chefs d’État évoquent une ambition dépassant le seul dossier gazaoui, mentionnant une approche novatrice pour résoudre les conflits internationaux de manière plus générale.
Le système d’adhésion prévu par le projet de charte a suscité des réactions contrastées dans les capitales concernées. Les États membres disposeraient d’un mandat triennal renouvelable par le président du conseil, sauf à verser une contribution exceptionnelle d’un milliard de dollars garantissant un siège permanent. Un responsable américain a précisé que cette somme financerait intégralement les travaux de reconstruction du territoire palestinien, sans alimenter une bureaucratie administrative coûteuse. Plusieurs pays européens auraient néanmoins exprimé des réserves quant à cette structure de gouvernance concentrant des pouvoirs considérables entre les mains du locataire de la Maison Blanche, certains y voyant une tentative de concurrencer les mécanismes onusiens traditionnels.
Démilitarisation du Hamas et Force internationale de stabilisation
La mise en œuvre effective du plan américain repose sur le déploiement progressif d’une Force internationale de stabilisation commandée par le major-général Jasper Jeffers, officier expérimenté ayant supervisé le cessez-le-feu israélo-libanais. Cette composante militaire multinationale doit permettre un retrait échelonné des forces israéliennes tout en assurant la démilitarisation complète des factions armées palestiniennes. Une conférence de planification tenue au Qatar en décembre dernier a réuni des représentants d’une vingtaine de nations potentiellement contributrices, parmi lesquelles l’Allemagne, le Japon, l’Indonésie et plusieurs États du Golfe.
L’opposition exprimée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu concernant l’implication de la Turquie et du Qatar dans les instances dirigeantes montre les tensions persistantes autour de la composition finale des différents organes. Ankara entretient des relations privilégiées avec le Hamas et pourrait jouer un rôle déterminant pour convaincre le mouvement islamiste de céder pacifiquement le pouvoir. La participation éventuelle de Moscou ajouterait une dimension supplémentaire à cet équilibre diplomatique délicat, alors que la Russie et la Chine s’étaient abstenues lors du vote de la résolution onusienne fondatrice en novembre dernier. Les prochains jours, notamment en marge du Forum économique mondial de Davos, devraient apporter des éclaircissements sur la liste définitive des membres de ce conseil appelé à façonner l’avenir de Gaza.



