Iran : Israël et des pays arabes demandent aux États-Unis de reporter leurs frappes militaires

Alors que les manifestations secouent l’Iran depuis plus de deux semaines, faisant des milliers de morts selon les organisations de défense des droits humains, des responsables israéliens et arabes ont transmis un message surprenant à Washington. Selon NBC News, ces alliés des États-Unis estiment que le régime iranien n’est pas encore suffisamment affaibli pour qu’une intervention militaire américaine porte un coup décisif. Cette position intervient tandis que l’administration Trump évalue différentes options, allant de la diplomatie à l’action armée. Le vice-président JD Vance a présidé mardi une réunion cruciale du Conseil de sécurité nationale pour finaliser les choix qui seront soumis à Donald Trump. L’enjeu : déterminer si une frappe américaine pourrait précipiter la chute du régime ou, au contraire, ressouder la population iranienne autour de ses dirigeants.

Les canaux diplomatiques entre Washington et ses partenaires au Moyen-Orient ont été particulièrement actifs ces derniers jours. Des sources citées par la chaîne américaine NBC révèlent que des officiels israéliens et de plusieurs États arabes ont fait part de leurs réserves quant à une action militaire immédiate contre Téhéran. Leur argument principal repose sur une analyse stratégique : la République islamique, malgré les protestations massives qui l’ébranlent, conserverait une capacité de résistance suffisante pour absorber des frappes étrangères sans s’effondrer. Ces interlocuteurs auraient suggéré de patienter jusqu’à ce que la situation intérieure iranienne se dégrade davantage, créant ainsi les conditions d’une intervention potentiellement plus efficace. Un responsable arabe a évoqué un « manque d’enthousiasme du voisinage » pour une opération américaine dans l’immédiat, tandis qu’un autre s’est dit préoccupé par le risque de voir les Iraniens s’unir face à une agression extérieure.

Conseil de sécurité nationale américain : Trump face à plusieurs scénarios sur l’Iran

La Maison-Blanche a organisé mardi une session décisive réunissant les principaux responsables de la sécurité nationale. Le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, le directeur de la CIA John Ratcliffe, le chef d’état-major interarmées le général Dan Caine et la directrice du renseignement national Tulsi Gabbard ont participé à cette réunion présidée par le vice-président Vance. Le président américain, de retour d’un déplacement à Detroit dans le Michigan, a rejoint les discussions qui se sont prolongées pendant plus de deux heures. Les participants lui ont présenté les dernières estimations sur le nombre de victimes en Iran ainsi que des projections concernant l’évolution possible de la répression, notamment la perspective d’exécutions de manifestants. Des images filmées sur le terrain iranien lui ont également été montrées durant ce briefing approfondi.

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Les tensions entre Washington et Téhéran s’insèrent dans une histoire récente particulièrement chargée. En juin 2025, Israël avait lancé l’opération « Rising Lion », une offensive aérienne d’envergure contre les installations nucléaires et militaires iraniennes. Plus de deux cents avions de combat avaient frappé des dizaines de cibles, éliminant des scientifiques du programme atomique et des commandants de haut rang. L’Iran avait répliqué en tirant plus de cinq cent cinquante missiles balistiques et un millier de drones vers le territoire israélien, touchant des zones civiles à Tel-Aviv et Haïfa. Le 22 juin, les États-Unis étaient entrés dans le conflit en menant l’opération « Midnight Hammer », utilisant des bombardiers furtifs B-2 et des missiles Tomahawk pour détruire les sites d’enrichissement d’uranium de Natanz, Fordow et Ispahan. Cette frappe, la première sur le sol iranien depuis 1988, avait retardé le programme nucléaire de Téhéran d’environ deux ans selon le Pentagone.

L’Iran avait riposté en ciblant la base américaine d’Al Udeid au Qatar, sans faire de victimes. Un cessez-le-feu négocié sous pression américaine avait mis fin à cette « guerre des douze jours » le 24 juin.

Frappes américaines en Iran : les alternatives non militaires envisagées par Washington

Les responsables israéliens, tout en soutenant fermement l’objectif d’un changement de régime à Téhéran, auraient proposé des mesures alternatives susceptibles de déstabiliser davantage la République islamique avant d’envisager une intervention armée. Parmi les pistes évoquées figurent l’aide aux Iraniens pour contourner la coupure des communications imposée par les autorités, le renforcement des sanctions économiques, le lancement de cyberattaques ou encore des opérations ciblées contre des dirigeants spécifiques du régime. Cette approche graduelle viserait à amplifier la pression sur le pouvoir en place tout en permettant aux manifestants de poursuivre leur mouvement contestataire. Le président Trump a lui-même exhorté les protestataires iraniens à « prendre le contrôle de leurs institutions » dans un message publié sur les réseaux sociaux, leur promettant que « l’aide est en chemin ».

La position américaine demeure néanmoins ferme sur le principe d’une réponse musclée si la répression se poursuit. Trump a annulé toute rencontre avec des officiels iraniens tant que les tueries ne cesseront pas, rompant avec les signaux d’ouverture diplomatique émis quelques jours plus tôt. La Maison-Blanche a souligné que les messages privés reçus de Téhéran différaient sensiblement de la rhétorique publique du régime, laissant entrevoir une possible volonté de négociation de la part des dirigeants iraniens. Certains conseillers du président estiment toutefois que ces ouvertures ne constituent qu’une manœuvre dilatoire destinée à éviter une attaque. Les prochaines heures seront déterminantes pour savoir si Washington choisira la patience recommandée par ses alliés régionaux ou si l’ampleur de la répression en Iran précipitera une décision aux conséquences potentiellement majeures pour l’ensemble du Moyen-Orient.

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