Iran : une vidéo glaçante révèle l'ampleur de la répression meurtrière

Des images authentifiées montrent des dizaines de corps amoncelés devant une morgue près de Téhéran, témoignant de la violence extrême déployée par les autorités contre les manifestants. L’ONG Iran Human Rights évoque au moins 466 morts, tandis que certaines sources non vérifiées avancent un bilan qui pourrait dépasser les 2 000 victimes. Cette tragédie humanitaire survient alors que le pays traverse la plus grave crise contestataire depuis trois ans, avec des manifestations qui ont gagné de nombreuses villes iraniennes malgré la coupure totale d’internet.

Une vidéo publiée en ligne samedi et authentifiée par l’AFP a provoqué une onde de choc internationale. Les images, géolocalisées au Centre médico-légal de Kahrizak situé au sud de la capitale, dévoilent une scène d’une violence inouïe : plusieurs dizaines de dépouilles enveloppées dans des sacs noirs s’accumulent à l’extérieur du bâtiment, tandis que des familles désespérées tentent d’identifier leurs proches disparus. L’organisation norvégienne Hengaw, spécialisée dans la défense des droits humains, qualifie ces images de témoignage d’un crime d’une ampleur et d’une gravité considérables.

L’impact émotionnel de ces séquences dépasse le simple constat visuel. À l’intérieur des installations, des scènes déchirantes se déroulent : hommes et femmes scrutent des écrans où défilent les visages de victimes, certaines portant des traces de mutilations. La sociologue iranienne Mahnaz Shirali, en contact avec le personnel médical sur place, rapporte que les morgues refusent désormais d’accueillir de nouveaux corps tant elles sont saturées. Plusieurs personnes perdent connaissance face à l’horreur de la situation, selon les témoignages recueillis.

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Washington brandit la menace d’une intervention militaire

Le président américain Donald Trump a multiplié les avertissements ces derniers jours, adoptant un ton de plus en plus menaçant envers Téhéran. Lors d’une rencontre avec des responsables de l’industrie pétrolière, il a lancé un ultimatum sans équivoque aux dirigeants iraniens, les enjoignant de ne pas ouvrir le feu sur les manifestants sous peine de représailles américaines. Trump a précisé que toute intervention ne nécessiterait pas de déploiement de troupes au sol, mais impliquerait des frappes ciblées là où elles feraient le plus de dégâts. Sur sa plateforme Truth Social, il a par ailleurs affirmé que Washington se tenait prêt à apporter son soutien au peuple iranien dans sa quête de liberté.

L’administration américaine examine actuellement diverses options militaires, selon des sources gouvernementales. Ces menaces prennent une dimension particulière après l’opération militaire récente contre le Venezuela qui a abouti à la capture de Nicolas Maduro. Le secrétaire d’État Marco Rubio a également exprimé publiquement le soutien américain aux manifestants iraniens, tandis que les dirigeants européens, dont le chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron, ont conjointement appelé Téhéran à faire preuve de retenue.

Le mouvement contestataire a débuté le 28 décembre dans la capitale, initialement déclenché par des commerçants protestant contre l’inflation galopante et l’effondrement du rial. La mobilisation s’est rapidement propagée à d’autres centres urbains majeurs, dont Machhad, Chiraz et Ispahan, prenant une ampleur inédite depuis les soulèvements de 2022 consécutifs au décès de Mahsa Amini. Cette jeune femme kurde était morte en détention après avoir été arrêtée pour non-respect du code vestimentaire imposé aux femmes. Les États-Unis avaient réintroduit des sanctions économiques dévastatrices en 2018 lorsque Trump, lors de son premier mandat présidentiel, s’était retiré de l’accord nucléaire négocié par Barack Obama. En juin dernier, Israël et les États-Unis ont mené une offensive de douze jours contre des installations atomiques iraniennes, affaiblissant considérablement le pouvoir de Téhéran qui ne peut plus compter sur ses alliés régionaux comme le Hezbollah ou le Hamas.

Les autorités intensifient la répression dans un pays coupé du monde

Les forces de sécurité iraniennes ont procédé à des arrestations massives de figures clés de la contestation, selon le chef de la police nationale. Le procureur général Mohammad Movahedi Azad a averti que les manifestants seraient considérés comme des ennemis de Dieu, une qualification passible de la peine capitale dans le système juridique iranien. Le président Massoud Pezeshkian a décrété trois jours de deuil national pour les membres des forces de l’ordre tués et a appelé la population à participer à une marche de résistance nationale pour dénoncer ce que le gouvernement qualifie d’actes terroristes orchestrés depuis l’étranger.

La coupure d’internet, en vigueur depuis plus de 72 heures, vise à empêcher la diffusion d’informations sur l’ampleur de la répression. Les lignes téléphoniques mobiles ont également été interrompues samedi soir. Malgré ce black-out quasi total, des vidéos parviennent sporadiquement à l’étranger, probablement transmises via des connexions satellitaires comme Starlink. Ces images montrent d’immenses foules scandant des slogans hostiles au guide suprême Ali Khamenei et à la République islamique dans plusieurs quartiers de Téhéran et d’autres villes. L’organisation Netblocks, spécialisée dans la cybersécurité, dénonce une menace directe pour la sécurité des Iraniens, privés de tout moyen de communication avec le reste du monde.

La diaspora iranienne vit ces événements dans l’angoisse. Des milliers de personnes ont manifesté à Londres, Paris et dans d’autres capitales européennes pour exprimer leur solidarité avec les contestataires. À Montréal, des membres de la communauté iranienne témoignent d’une terreur constante, sans nouvelles de leurs familles depuis plusieurs jours. Amnistie internationale Canada francophone suit de près la dégradation rapide de la situation, appelant les autorités iraniennes à cesser immédiatement l’usage de la force et demandant aux gouvernements occidentaux d’émettre des mandats contre les responsables de ces violences. La question demeure : cette mobilisation historique parviendra-t-elle à ébranler durablement un pouvoir théocratique en place depuis 1979, ou s’achèvera-t-elle dans un bain de sang que la communauté internationale semble impuissante à prévenir ?

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