James Cameron, le cinéaste canadien qui a révolutionné le septième art avec des œuvres monumentales comme Titanic et la saga Avatar, a bâti une carrière exceptionnelle à Hollywood pendant près de cinq décennies. Pionnier des effets spéciaux et explorateur des profondeurs océaniques, il détient toujours les records des films les plus rentables de l’histoire du cinéma. Pourtant, celui qui a passé 47 ans à Los Angeles a choisi de tourner définitivement la page américaine pour s’installer aux antipodes.
Le réalisateur d’Avatar devenu citoyen néo-zélandais critique sévèrement Donald Trump
Le créateur du peuple Na’vi n’a pas mâché ses mots lors d’une récente interview accordée au journaliste Graham Bensinger. À 71 ans, Cameron a qualifié le président américain de « narcissique le plus arrogant de l’histoire depuis l’empereur romain Néron ». Une comparaison cinglante que le réalisateur assume pleinement, précisant même au média américain The Hollywood Reporter : « Oui, vous pouvez me citer ».
Cette charge frontale intervient alors que le cinéaste a officiellement obtenu la citoyenneté néo-zélandaise en août 2025, après avoir quitté les États-Unis cinq ans plus tôt. Installé dans le district de South Wairarapa, près de Wellington, il vit désormais sur une exploitation agricole de plusieurs milliers d’hectares avec son épouse Suzy Amis Cameron et leurs enfants.
Le maître d’Hollywood justifie ce choix radical par une quête de sérénité. « Je ne suis pas là pour les paysages, je suis là pour la santé d’esprit », a-t-il déclaré, insistant sur le mot « santé d’esprit ». Pour lui, la Nouvelle-Zélande représente un havre où « les gens croient en la science, sont équilibrés et capables de travailler ensemble vers un objectif commun ».
Pourquoi James Cameron refuse de retourner vivre aux États-Unis
Le réalisateur de Terminator oppose cette vision à celle qu’il garde de son ancien pays d’adoption. Il décrit une Amérique « où tout le monde se saute à la gorge, extrêmement polarisée, qui tourne le dos à la science ». La gestion de la pandémie de Covid-19 a cristallisé cette rupture : il souligne que la Nouvelle-Zélande a atteint un taux de vaccination de 98%, contre 62% aux États-Unis, un chiffre qui selon lui continue de baisser.
Interrogé sur la beauté reconnue des paysages néo-zélandais, Cameron balaie l’argument. Lorsque son interlocuteur lui rappelle que les États-Unis restent « un endroit fantastique pour vivre », le cinéaste rétorque simplement : « Vraiment ? »
Cette expatriation n’est pas un coup de tête. Le réalisateur avait découvert la Nouvelle-Zélande dans les années 1990, lors d’un voyage vers l’Antarctique, et s’était promis d’y vivre un jour. Il y avait acquis une propriété dès 2012, partageant son temps entre Malibu et l’hémisphère sud avant de franchir le pas définitif. Ses futurs projets cinématographiques, notamment les prochains volets d’Avatar, continueront d’être tournés dans les studios de Stone Street à Wellington.
Malgré ses critiques acerbes, James Cameron poursuit sa carrière prolifique. Il a récemment réalisé un film de concert en 3D consacré à la tournée de Billie Eilish et prépare l’adaptation du roman The Devils de Joe Abercrombie. La France lui a également décerné le grade d’Officier de la Légion d’honneur en février 2025, reconnaissance qui lui sera officiellement remise lors de la Conférence des Nations Unies sur l’océan à Nice.



