Depuis le début de l’offensive en Ukraine, la Russie a considérablement intensifié ses investissements dans les drones militaires. Le pays a mobilisé des milliards de roubles pour développer et produire à grande échelle des plateformes sans pilote, allant des drones tactiques bon marché aux systèmes avancés de reconnaissance et de frappe. Ces efforts ont entraîné l’émergence de technologies nouvelles et d’une organisation industrielle intégrée, mêlant usines d’État et PME spécialisées, avec un objectif clair : maintenir une capacité aérienne flexible et étendue face aux besoins de l’armée. C’est dans ce cadre que se développe le « Predator », une plateforme stratosphérique multifonctionnelle qui pourrait transformer certaines missions de surveillance et d’exploration.
Drone stratosphérique russe aux capacités avancées
Le « Predator » est prévu pour évoluer à des altitudes pouvant atteindre 15 000 mètres et couvrir des distances allant jusqu’à 12 000 kilomètres, ce qui en fait l’un des projets de drone les plus ambitieux actuellement développés en Russie. Avec une vitesse maximale de 550 km/h et la possibilité de transporter jusqu’à 500 kilogrammes, il peut remplir des missions diverses, allant de l’observation scientifique à la surveillance stratégique, en passant par des usages commerciaux. Sa structure monowing renforce sa vitesse, sa capacité de charge et sa discrétion, tandis que l’intelligence artificielle et le balayage 3D permettent de collecter des informations de manière plus précise et autonome.
Le drone est également capable de décoller et d’atterrir verticalement et de rester en vol stationnaire, ce qui étend ses possibilités opérationnelles sans nécessiter d’installations au sol sophistiquées. Selon Vladimir Tabunov, PDG de Geron cité par Tass, cette plateforme pourrait remplir certaines fonctions aujourd’hui réservées aux satellites ou aux avions spécialisés, offrant ainsi une grande flexibilité pour des missions prolongées en haute altitude.
Applications scientifiques et militaires pour le futur du vol sans pilote
Au-delà de ses performances techniques, le « Predator » représente un exemple de la manière dont la Russie cherche à combiner applications scientifiques et capacités de défense. Il pourrait servir à l’exploration proche de l’espace, contribuant à des travaux d’observation atmosphérique ou de cartographie, tout en restant apte à des missions de surveillance ou de reconnaissance pour les forces armées. Ce double usage souligne l’intérêt pour la Russie de développer des drones capables de soutenir à la fois l’innovation technologique et les besoins opérationnels sur le terrain.
En parallèle, l’expérience acquise dans la production et la gestion des drones militaires depuis 2022 a permis de créer un écosystème industriel capable de soutenir des projets de grande envergure comme celui-ci. La combinaison de l’intelligence artificielle, des capacités de vol et des solutions d’ingénierie avancées pourrait marquer une étape importante dans la diversification des systèmes aériens russes, tout en offrant des perspectives pour les secteurs scientifiques et commerciaux.



