Mars : un projet de la NASA qui piétine pourrait profiter à la Chine

Depuis plus d’une décennie, les États-Unis et la Chine se livrent une concurrence directe dans l’exploration spatiale. Washington conserve un avantage historique grâce à la NASA, à ses missions robotisées et à l’appui d’un secteur privé puissant.

Mars Sample Return, un pari scientifique freiné par l’argent

Pékin, longtemps en retrait, a comblé une partie de cet écart par une progression méthodique : succès répétés sur la Lune, mise en service de sa propre station spatiale et démonstration de capacités techniques autonomes. La conquête spatiale est devenue un terrain où chaque mission réussie pèse sur le prestige scientifique et l’influence internationale. Aujourd’hui, cette rivalité se cristallise autour de Mars. L’un des projets les plus ambitieux de la NASA, censé consolider le leadership américain, se retrouve fragilisé au moment même où la Chine avance à pas réguliers.

La Chine en position de force dans la course martienne

Selon Les Numériques , la mission Mars Sample Return devait permettre une première mondiale : ramener sur Terre des échantillons de roche et de sol martiens collectés par le rover Perseverance. Ces prélèvements sont essentiels pour analyser l’histoire géologique de Mars et évaluer la possibilité d’une vie ancienne, des analyses impossibles à réaliser entièrement avec les instruments embarqués sur place. Or, le projet se heurte à une contrainte budgétaire majeure.

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Le financement prévu pour 2026, d’environ 650 millions de dollars, reste très éloigné des besoins réels, estimés à plus de 10 milliards de dollars pour l’ensemble de la mission. Cette différence remet en cause le calendrier et la faisabilité du programme tel qu’il avait été conçu. Faute de moyens suffisants, la NASA est incitée à se tourner vers des solutions commerciales, en confiant certaines étapes à des entreprises privées afin de réduire les coûts. À ce stade, aucune option n’a toutefois permis de garantir un retour des échantillons sans un investissement supplémentaire important, ce qui pourrait prolonger l’attente de plusieurs années.

Pendant que Mars Sample Return ralentit, la Chine poursuit ses propres ambitions avec la mission Tianwen-3, annoncée pour un lancement entre 2028 et 2030. L’objectif est similaire : rapporter des échantillons martiens sur Terre. Pékin s’appuie sur une stratégie éprouvée lors de ses missions lunaires, privilégiant des choix techniques pragmatiques et une organisation centralisée, ce qui renforce la crédibilité de son calendrier.


Si cette mission aboutit avant le retour d’échantillons américains, l’impact serait considérable. Une telle réussite offrirait à la Chine un avantage symbolique majeur et confirmerait sa capacité à mener des missions scientifiques complexes de manière autonome. Pour les États-Unis, un retard prolongé affaiblirait leur position dans l’exploration planétaire, un domaine longtemps associé à leur leadership technologique.

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