Mathématiques : Baek Jin-eon, le coréen qui a réussi une des 10 plus grandes avancées de 2025

Depuis l’Antiquité, les mathématiques occupent une place singulière dans le monde scientifique. Elles servent à décrire la nature, à formaliser les lois physiques, à sécuriser les communications numériques ou encore à modéliser l’économie. Mais au-delà de ces applications visibles, elles avancent aussi par des questions abstraites, parfois déroutantes par leur simplicité apparente. Certaines de ces énigmes résistent pendant des décennies, non faute d’intérêt, mais parce qu’elles exigent une rupture intellectuelle. C’est précisément dans cet espace exigeant qu’un jeune mathématicien coréen, Baek Jin-eon, s’est illustré, en résolvant un problème vieux de près de soixante ans.

Mathématiques fondamentales autour du problème du canapé mobile

À première vue, le problème du canapé mobile ressemble à un jeu d’esprit. Il s’agit d’imaginer un objet rigide devant franchir un couloir en forme de L, de largeur constante d’un mètre, avec un angle droit parfait. La question est simple à formuler : quelle est la plus grande forme possible que cet objet peut avoir tout en réussissant le passage ? Derrière cette apparente naïveté se cache une difficulté redoutable, qui a fasciné des générations de mathématiciens depuis 1966.

Cette question est posée pour la première fois par Leo Moser, mathématicien austro-canadien. Rapidement, elle trouve sa place dans les manuels universitaires américains et devient un exercice emblématique pour illustrer les limites de l’intuition géométrique. Pendant des décennies, les chercheurs proposent des formes de plus en plus ingénieuses, améliorant progressivement les estimations de surface maximale, souvent à l’aide de calculs numériques et de simulations informatiques.

Publicité

Baek Jin-eon découvre cette énigme alors qu’il est chercheur à l’Institut national des sciences mathématiques, durant son service militaire obligatoire. Ce qui le frappe n’est pas seulement la difficulté du problème, mais l’absence de cadre théorique solide. La question semble flotter, sans outils conceptuels clairement établis pour l’attaquer. Cette fragilité intellectuelle devient le moteur de son travail.

Reconnaissance scientifique mondiale en 2025

D’après Jeuxvideo, contrairement à la majorité de ses prédécesseurs, Baek fait un choix radical : exclure totalement l’assistance informatique. Là où d’autres affinent leurs résultats à coups de puissance de calcul, il décide de s’appuyer uniquement sur le raisonnement logique. Son objectif est de démontrer, sans approximation numérique, que la fameuse « forme de Gerver » représente une limite infranchissable.

Cette approche demande une patience exceptionnelle. Pendant sept ans, Baek poursuit ses recherches, d’abord lors de son doctorat à l’université du Michigan, puis comme chercheur postdoctoral à l’université Yonsei, en Corée du Sud. Son travail se matérialise dans un manuscrit de 119 pages, d’une densité extrême, où chaque étape du raisonnement est soigneusement justifiée.

À 29 ans, il parvient à une démonstration complète. Fin 2024, il publie ses résultats sur arXiv, la plateforme de prépublication utilisée par la communauté scientifique mondiale. Le texte est désormais en cours d’évaluation à Annals of Mathematics, l’une des revues les plus sélectives du domaine. Cette reconnaissance préliminaire est renforcée lorsque Scientific American classe cette démonstration parmi les dix plus grandes avancées mathématiques de 2025.

Laisser un commentaire