Ouganda : Washington met en garde ses citoyens après les élections présidentielles

Alors que l’Ouganda vient de traverser une séquence électorale marquée par des violences et une coupure d’Internet, l’ambassade américaine à Kampala a publié une alerte de sécurité destinée à ses ressortissants. Cette mise en garde publiée sur le site de la représentation diplomatique intervient dans un contexte de tensions persistantes après le scrutin présidentiel du 15 janvier 2026, où des manifestations ont été réprimées.

Les autorités diplomatiques américaines ont jugé nécessaire d’informer leurs concitoyens présents sur le territoire ougandais des risques sécuritaires persistants. Cette démarche témoigne de l’instabilité qui continue de régner après une campagne électorale particulièrement tumultueuse. Les citoyens américains ont été appelés à faire preuve d’une vigilance accrue dans leurs déplacements et à éviter certaines zones considérées comme sensibles, notamment celles où des rassemblements politiques pourraient dégénérer en affrontements.

Le dispositif sécuritaire déployé par les forces ougandaises demeure visible dans plusieurs grandes agglomérations du pays. L’armée continue de patrouiller aux côtés des forces de police, une présence militaire renforcée qui traduit les appréhensions des autorités face à d’éventuels débordements. Cette militarisation de l’espace public, loin de rassurer, alimente au contraire les craintes d’une escalade des violences dans un pays où les tensions politiques restent à leur paroxysme.

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Un scrutin entaché par l’isolement numérique

La séquence électorale qui vient de s’achever restera marquée par des mesures exceptionnelles prises par le gouvernement ougandais. Dès le 13 janvier 2026, soit deux jours avant le scrutin, les autorités ont procédé à une coupure généralisée d’Internet sur l’ensemble du territoire national. Cette décision, officiellement justifiée par des impératifs de sécurité, a en réalité isolé le pays du reste du monde pendant plusieurs jours, empêchant toute communication numérique et limitant drastiquement la circulation de l’information sur le déroulement du vote.

Ce n’est pas une première pour l’Ouganda. C’était déjà le cas lors des élections présidentielles de janvier 2021, quand le président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, affrontait le candidat de l’opposition Bobi Wine. À l’époque également, Internet et les réseaux sociaux avaient été coupés pendant plusieurs jours, dans un contexte de violences ayant fait des dizaines de morts durant la campagne. Les contestations de fraudes massives avaient suivi l’annonce des résultats officiels.

L’ONU dénonce un climat d’intimidation systématique

L’Organisation des Nations Unies n’a pas manqué de faire entendre sa voix face à la dégradation de la situation. Ses représentants ont publiquement dénoncé un climat de répression et d’impunité qui a caractérisé l’ensemble du processus électoral. Ces accusations de l’ONU mettent en lumière une réalité préoccupante où la liberté d’expression et le pluralisme politique semblent gravement menacés. Les violences préélectorales contre les figures de l’opposition ont créé un climat de peur qui a nécessairement pesé sur la liberté de choix des électeurs. Les organisations de défense des droits humains rapportent des cas d’arrestations arbitraires, de harcèlement et d’intimidations à l’encontre de militants politiques, transformant le processus démocratique en une simple formalité dépourvue de sa substance.

Des implications régionales et internationales majeures

La situation en Ouganda soulève des interrogations qui dépassent largement les frontières nationales. La réaction américaine, matérialisée par cette alerte aux ressortissants, constitue un signal diplomatique modéré mais significatif. Elle traduit une prise de distance vis-à-vis d’un régime dont les pratiques s’éloignent des standards démocratiques internationaux. Toutefois, les intérêts géostratégiques dans la région, notamment en matière de lutte antiterroriste et de stabilité régionale, compliquent toute velléité de sanctions plus musclées.

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