Quelques jours seulement après une finale de Coupe d’Afrique des nations ayant cristallisé de fortes tensions sportives et médiatiques entre Dakar et Rabat, le déplacement du Premier ministre sénégalais au Maroc attire une attention particulière. L’enjeu dépasse toutefois le football : il s’agit avant tout de maintenir une relation bilatérale dense, structurée autour d’intérêts économiques, institutionnels et sectoriels précis.
Coopération Sénégal–Maroc, la relance des partenariats
Arrivé tôt lundi matin à Rabat, Ousmane Sonko a été accueilli par son homologue marocain Aziz Akhannouch, donnant le ton d’une visite placée sous le signe de la continuité diplomatique. Autour du chef du gouvernement sénégalais, une délégation ministérielle élargie couvre des portefeuilles clés : affaires étrangères, économie, agriculture, enseignement supérieur, industrie et commerce.
Cette composition traduit une volonté de traiter de dossiers concrets, allant de la coopération économique aux échanges universitaires, en passant par l’agriculture, l’énergie ou encore la sécurité. Les autorités des deux pays mettent en avant la solidité de relations anciennes, alimentées par des mécanismes réguliers de concertation et des accords sectoriels déjà opérationnels.
Grande Commission mixte sénégalo-marocaine
Le séjour du Premier ministre sénégalais est marqué par la tenue de la 15ᵉ Grande Commission mixte sénégalo-marocaine, cadre central d’évaluation et d’actualisation des engagements communs. Avant l’ouverture officielle des travaux, Ousmane Sonko s’est recueilli au mausolée de Mohamed V, accompagné du porte-parole du gouvernement marocain Moustapha Baitas, geste symbolique soulignant la dimension historique des liens entre les deux États.
Les discussions réunissent ensuite les responsables économiques et sectoriels des deux délégations. Les ministres chargés des finances, de l’agriculture, de l’industrie et du commerce, ainsi que de l’enseignement supérieur, présentent chacun l’état d’avancement des projets communs et les pistes d’amélioration immédiates. La séance est structurée autour d’interventions ciblées, suivies d’une synthèse conjointe des chefs de la diplomatie, Nasser Bourita et Cheikh Niang.
La commission doit déboucher sur l’adoption d’une déclaration conjointe et la signature de nouveaux accords de coopération, notamment dans des domaines jugés prioritaires par les deux capitales.



