L’affaire impliquant le député Mouhamadou Ngom, dit Farba Ngom, connaît un nouveau développement judiciaire. Le ministère de la Justice a annoncé l’ouverture d’une enquête visant à établir les responsabilités liées à des faits jugés graves, découverts alors que l’élu était déjà placé en détention. Cette annonce relance le débat sur le respect des règles carcérales et la protection de l’intégrité de la justice au Sénégal.
Farba Ngom au cœur d’accusations graves
Lors d’une prise de parole officielle à Dakar, la garde des Sceaux et ministre de la Justice, Yassine Fall, a fait état d’éléments découverts dans la cellule du député. Deux téléphones portables y auraient été retrouvés, alors même que l’intéressé était détenu dans une cellule réservée aux prisonniers déclarés malades.
Selon les autorités judiciaires, l’exploitation de ces appareils a mis en évidence des échanges fréquents avec des acteurs politiques, des avocats et des professionnels des médias, y compris des interlocuteurs résidant à l’étranger. Des documents judiciaires confidentiels, notamment des procès-verbaux, ainsi que des contenus à caractère pornographique auraient également été stockés sur ces téléphones.
Ces faits sont considérés comme des violations du règlement pénitentiaire et comme des actes susceptibles de porter atteinte à l’intégrité de la justice et à l’ordre public, motifs invoqués pour l’ouverture de la nouvelle enquête.
Précédents autour du député Farba Ngom
Cette évolution intervient alors que Farba Ngom est déjà poursuivi dans deux dossiers financiers distincts. Le premier porte sur des montants estimés à 91 milliards de francs CFA, dans une procédure où figure également l’homme d’affaires Tahirou Sarr, qui a récemment bénéficié d’une liberté provisoire. Le second dossier concerne une autre affaire évaluée à 31 milliards de francs CFA.
Les avocats du député avaient auparavant évoqué une pathologie incompatible avec la détention pour justifier certaines conditions de son incarcération. Toutefois, les éléments découverts dans sa cellule, selon la ministre de la Justice, ne confirment pas l’existence d’un état de santé empêchant son maintien en prison. Cette situation rappelle les débats antérieurs sur les conditions de détention de certaines personnalités poursuivies dans des affaires financières sensibles.
L’enquête annoncée vise désormais à déterminer avec précision le rôle et la responsabilité du député et maire dans les faits relevés. En attendant ses conclusions, ce dossier continue de retenir l’attention de l’opinion publique et de placer la justice sénégalaise face à l’exigence de rigueur et de transparence dans le traitement des affaires impliquant des responsables politiques.



