Les décisions de Donald Trump ne font pas toujours l’unanimité, y compris aux États-Unis. Depuis son premier mandat jusqu’à son retour au pouvoir en 2025, ses orientations politiques, son style de gouvernance et sa lecture des relations internationales ont suscité des clivages profonds au sein de la société américaine. Cette contestation interne, régulièrement relayée par les médias et les mouvements civiques, dépasse les frontières nationales et influence la manière dont ses choix sont perçus à l’étranger, notamment en Europe.
Opinion publique et perception de Donald Trump
Un sondage récent publié par la revue française de géopolitique Le Grand Continent, réalisé avec l’institut Cluster17, apporte un éclairage précis sur cette perception rapporte TF1. Menée auprès de près de 7 500 personnes dans sept pays de l’Union européenne — France, Belgique, Allemagne, Italie, Espagne, Danemark et Pologne — l’enquête montre qu’une courte majorité des personnes interrogées considèrent Donald Trump comme un « ennemi de l’Europe ». Cette appréciation, qui dépasse légèrement la barre des 50 %, ne traduit pas un rejet unanime, mais révèle une défiance dominante dans l’opinion publique européenne.
Les résultats détaillent une répartition nuancée. Une faible minorité qualifie le président américain d’« ami de l’Europe », tandis qu’une part significative des sondés adopte une position intermédiaire, estimant qu’il n’est ni ami ni ennemi. Cette zone grise souligne une réalité complexe : si les critiques sont nombreuses, elles ne se transforment pas toutes en hostilité franche. L’image de Donald Trump en Europe apparaît ainsi fragmentée, oscillant entre méfiance assumée et réserve prudente.
Les différences entre pays sont notables. Dans certains États d’Europe occidentale, la perception négative est plus marquée, alimentée par des désaccords récurrents sur les politiques commerciales, climatiques ou diplomatiques. À l’inverse, la Pologne se distingue par une lecture plus favorable ou, à tout le moins, moins hostile. Cette singularité est souvent associée à l’importance accordée à la relation stratégique avec les États-Unis en matière de sécurité, même si le sondage ne permet pas d’établir de lien de causalité direct.
Décisions américaines et réactions européennes
La qualification d’« ennemi » retenue par une partie des sondés renvoie moins à une rupture diplomatique qu’à une accumulation de désaccords concrets. Les choix opérés par l’administration Trump sur des dossiers clés ont laissé des traces dans l’opinion européenne. Les positions tranchées sur le multilatéralisme, les critiques répétées à l’égard de certaines institutions internationales et les déclarations jugées provocatrices ont contribué à fragiliser la confiance.
Sur le plan économique, les orientations protectionnistes et les menaces de mesures commerciales ont nourri des inquiétudes durables dans plusieurs capitales européennes. Dans le domaine environnemental, les divergences sur les engagements climatiques ont renforcé l’idée d’un fossé politique difficile à combler. À ces éléments s’ajoute un style de communication direct, parfois abrupt, qui tranche avec les usages diplomatiques traditionnels et alimente une perception de confrontation.
Il convient toutefois de distinguer clairement l’opinion publique des relations officielles entre États. Les gouvernements européens continuent de coopérer avec Washington sur de nombreux dossiers stratégiques, qu’il s’agisse de sécurité, de commerce ou de gestion des crises internationales. Le sondage ne mesure pas la solidité de ces coopérations institutionnelles, mais le ressenti des citoyens face à des décisions et à une posture politique qui les concernent indirectement.



