Le président français a demandé ce dimanche 18 janvier l’activation de l’instrument anti-coercition de l’Union européenne, un mécanisme jamais utilisé depuis sa création fin 2023. Cette requête intervient après l’annonce par Donald Trump de surtaxes douanières visant huit pays européens ayant envoyé des troupes au Groenland. Une réunion d’urgence des ambassadeurs européens se tient dans la journée à Bruxelles. L’escalade entre Washington et ses alliés traditionnels atteint un niveau sans précédent au sein de l’OTAN.
La tension transatlantique vient de franchir un cap décisif. Quelques heures après les menaces tarifaires brandies par le locataire de la Maison-Blanche, Emmanuel Macron a choisi la voie de la confrontation économique en sollicitant ses partenaires européens pour déclencher un dispositif de rétorsion commerciale d’une ampleur inédite. Le chef de l’État français, en contact permanent avec plusieurs dirigeants du continent, entend fédérer une réponse collective face à ce qu’il qualifie de chantage inacceptable. Cette initiative place l’Union européenne devant un choix stratégique majeur qui pourrait redessiner durablement les relations commerciales entre les deux rives de l’Atlantique.
L’instrument anti-coercition européen face aux sanctions américaines
Le mécanisme que Paris souhaite voir activé constitue l’une des armes les plus puissantes de l’arsenal commercial européen. Adopté à la fin de l’année 2023, cet outil permet aux Vingt-Sept de répliquer collectivement lorsqu’un pays tiers exerce des pressions économiques pour infléchir leurs politiques. Concrètement, son déclenchement ouvrirait la possibilité d’imposer des droits de douane sur les produits américains, de geler l’accès des entreprises d’outre-Atlantique aux marchés publics européens ou encore de bloquer certains investissements en provenance des États-Unis. La mise en œuvre de ce dispositif nécessite toutefois l’approbation d’au moins quinze États membres représentant 65 % de la population du bloc, ce qui implique un travail diplomatique considérable dans les prochains jours.
Annie Genevard, ministre française de l’Agriculture, a souligné que l’Union européenne disposait d’une véritable puissance de frappe sur le plan commercial. Elle a néanmoins appelé à la prudence, estimant qu’une escalade incontrôlée pourrait s’avérer néfaste pour les deux parties. La responsable gouvernementale s’est montrée catégorique sur un point : les Européens ne laisseront pas Washington agir sans réaction. Cette position ferme traduit l’exaspération grandissante des capitales européennes face aux méthodes de pression employées par l’administration américaine depuis le retour de Donald Trump au pouvoir.
Les ambitions de Donald Trump sur le Groenland et la souveraineté danoise
Le déclencheur de cette crise diplomatique majeure réside dans la volonté affichée du président américain de prendre le contrôle du Groenland, territoire autonome rattaché au Danemark. Donald Trump justifie cette ambition par des impératifs de sécurité nationale, affirmant que la maîtrise de cette immense île arctique s’avère indispensable pour contrer l’influence croissante de la Chine et de la Russie dans la région. Le dirigeant américain a intensifié ses pressions ces dernières semaines, allant jusqu’à évoquer publiquement l’achat pur et simple de ce territoire. Les autorités groenlandaises ont clairement fait savoir qu’elles ne souhaitaient pas rejoindre les États-Unis, tandis que Copenhague défend fermement sa souveraineté sur l’île. Plusieurs nations alliées, dont la France, ont décidé de participer à un exercice militaire organisé par le Danemark sur place, provoquant la fureur de Washington.
La réponse américaine ne s’est pas fait attendre. Sur son réseau Truth Social, le président Trump a accusé les huit pays européens concernés de se livrer à « un jeu très dangereux » et d’avoir pris « un risque inacceptable ». Il a annoncé l’entrée en vigueur dès le 1er février d’une taxe supplémentaire de 10 % sur toutes les importations en provenance du Danemark, de la Norvège, de la Suède, de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de la Finlande. Cette surtaxe grimpera à 25 % en juin si aucun accord n’est trouvé concernant le Groenland. Ces mesures s’ajoutent aux droits de douane de 15 % déjà applicables sur la plupart des exportations européennes vers le marché américain depuis l’accord conclu en juillet dernier.
Une réponse européenne coordonnée à Bruxelles
Le président français refuse catégoriquement de céder face à ce qu’il considère comme une tentative d’intimidation. Sur le réseau X, Emmanuel Macron a martelé que la France restait attachée à la souveraineté des nations et qu’aucune menace n’influencerait sa position, que ce soit concernant l’Ukraine, le Groenland ou tout autre dossier. Il a assumé pleinement la décision d’envoyer des militaires français dans l’Arctique, rappelant que la sécurité aux frontières extérieures de l’Europe constituait un enjeu majeur. Cette fermeté affichée vise également à rassembler les partenaires européens autour d’une position commune face à l’unilatéralisme américain.
La réunion d’urgence convoquée ce dimanche à Bruxelles rassemblera les représentants permanents des Vingt-Sept pour évaluer les options disponibles. Certaines voix s’élèvent déjà pour remettre en cause la validité de l’accord commercial conclu l’été dernier entre l’Union européenne et les États-Unis. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a appelé à suspendre immédiatement cet arrangement, estimant que le chantage commercial de Washington rendait tout partenariat impossible. Les prochaines heures s’annoncent décisives pour déterminer si les Européens parviendront à présenter un front uni face à leur allié historique, désormais perçu par beaucoup comme un adversaire sur le terrain économique. Cette crise inédite entre membres de l’OTAN pourrait durablement transformer l’équilibre des forces au sein de l’alliance atlantique.




Trump n’est pas différents de ses prédécesseurs. Il est simplement moins hypocrite. Le Groenland n’est pas une lubie de Trump, cela fait 150 ans que les USA lorgnent dessus.
Trump y va à la hache. D’abord parce que c’est son caractère et ensuite parce la dédollarisation s’accélère. Il veut enrayer cela le plus vite possible
« Macron réclame une riposte commerciale inédite »
Il arrête jamais de l’ouvrir celui-là. Occupe-toi des SDF de France, fais froid dehors !