Tunisie : Sabri Lamouchi nommé sélectionneur des Aigles de Carthage jusqu'en 2028

La Fédération tunisienne de football a officialisé ce mercredi 14 janvier 2026 la désignation de Sabri Lamouchi à la tête de la sélection nationale. Le technicien franco-tunisien de 54 ans s’engage pour un contrat courant jusqu’en 2028, devenant ainsi le nouveau patron des Aigles de Carthage. Cette annonce intervient quelques jours seulement après l’élimination douloureuse de la Tunisie en huitièmes de finale de la CAN 2025 face au Mali. L’enjeu principal pour Lamouchi sera de préparer l’équipe pour la Coupe du monde 2026, compétition pour laquelle la Tunisie s’est déjà qualifiée.

Un profil consensuel pour relancer les ambitions tunisiennes

Le choix porté sur Sabri Lamouchi n’est pas le fruit du hasard. Libre de tout engagement depuis son départ d’Al-Diraiyah FC en deuxième division saoudienne début décembre, l’ancien international français aux douze sélections présentait un profil rassurant pour les dirigeants fédéraux. Ses origines tunisiennes, combinées à son expérience du football africain acquise lors de son passage à la tête de la Côte d’Ivoire entre 2012 et 2014, ont manifestement pesé dans la balance. Durant cette période ivoirienne, il avait conduit les Éléphants jusqu’au Mondial brésilien, où l’équipe avait notamment dominé le Japon lors de son entrée en lice avant de s’incliner face à la Colombie puis à la Grèce.

La nomination de Lamouchi s’inscrit dans un processus de consultation qui a vu plusieurs noms circuler ces derniers jours. La fédération avait initialement exploré d’autres pistes, notamment celle de Nasreddine Nabi, mais le technicien tunisien actuellement sans club après son passage aux Kaizer Chiefs a décliné l’offre pour des raisons personnelles. Les noms de Franck Haise, Patrick Vieira ou encore Mouine Chaâbani avaient également été évoqués par différentes sources. Face à ces difficultés, les instances dirigeantes se sont tournées vers Lamouchi, perçu comme un choix capable de rassembler au-delà des clivages et de satisfaire les attentes des autorités sportives. Le nouveau sélectionneur aurait par ailleurs accepté de revoir ses prétentions salariales à la baisse pour faciliter sa venue, son prédécesseur Sami Trabelsi percevant environ 15 000 euros mensuels.

Publicité

CAN 2025 : un parcours en demi-teinte sanctionné par une élimination cruelle

Les Aigles de Carthage abordaient cette 35e édition de la Coupe d’Afrique des nations avec l’ambition de briller sur le sol marocain. Cette participation revêtait une importance particulière puisqu’elle constituait la 22e apparition de la Tunisie dans la compétition et surtout la 17e consécutive, un record continental inégalé depuis l’édition 1994. Placée dans le groupe C aux côtés du Nigeria, de l’Ouganda et de la Tanzanie, la sélection de Sami Trabelsi avait démarré son tournoi de manière encourageante en s’imposant face aux Cranes ougandais sur le score de trois buts à un. Elias Achouri s’était particulièrement illustré en inscrivant un doublé, tandis qu’Ali Abdi avait multiplié les percées offensives déterminantes. Cette victoire inaugurale mettait fin à une disette de treize années sans succès en match d’ouverture de CAN.

La suite du parcours s’est révélée plus laborieuse pour les coéquipiers de Hannibal Mejbri. Une défaite face au Nigeria, futur premier du groupe avec un parcours parfait de trois victoires, a refroidi les espoirs tunisiens. Le dernier match de poule contre la Tanzanie s’est soldé par un partage des points qui suffisait toutefois aux deux formations pour accéder aux huitièmes de finale. Ismaël Gharbi avait ouvert le score sur penalty avant l’égalisation tanzanienne en début de seconde période. Avec quatre points au compteur et six buts inscrits durant cette phase de groupes, la Tunisie terminait parmi les attaques les plus prolifiques du tournoi aux côtés du Maroc, derrière le Nigeria, le Sénégal et l’Algérie.

Le couperet est tombé en huitièmes de finale face au Mali dans l’enceinte du stade Mohammed V de Casablanca. Malgré une supériorité numérique acquise dès la 26e minute après l’expulsion de Woyo Coulibaly, les Tunisiens n’ont jamais réussi à concrétiser leur domination territoriale. Avec 72% de possession de balle mais une incapacité chronique à cadrer leurs tentatives avant les dernières minutes, les Aigles de Carthage ont buté sur le bloc malien admirablement orchestré. Firas Chaouat pensait délivrer les siens d’une tête à la 88e minute, mais Yassine Meriah a commis une main fatale dans les arrêts de jeu, permettant à Lassine Sinayoko d’égaliser sur penalty. La séance de tirs au but a ensuite tourné au cauchemar pour la Tunisie, avec les échecs successifs d’Ali Abdi, Elias Achouri et Mohamed Ali Ben Romdhane face à un Djigui Diarra impérial.

Cette sortie de route prématurée a précipité la démission de Sami Trabelsi, qui dirigeait pourtant l’équipe pour la troisième fois lors d’une phase finale continentale après les éditions 2012 et 2013. Le technicien avait contribué quelques mois plus tôt à qualifier la Tunisie pour le Mondial 2026. Sabri Lamouchi hérite donc d’un groupe en reconstruction psychologique mais doté d’un objectif majeur : représenter dignement le football tunisien lors de la prochaine Coupe du monde organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Les Aigles de Carthage évolueront dans le groupe C aux côtés des Pays-Bas, du Japon et d’un adversaire encore à déterminer issu des barrages européens.

Laisser un commentaire