Le 7 janvier dernier, Renee Good, une Américaine de 37 ans et mère de trois enfants, perdait la vie à Minneapolis sous les balles d’un agent de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) qui avait ouvert le feu sur son véhicule. Cette mort tragique a déclenché des manifestations quotidiennes dans les villes jumelles de Minneapolis et Saint Paul, où des milliers de résidents réclament le départ des forces fédérales déployées dans le cadre des opérations anti-immigration ordonnées par l’administration Donald Trump. Ce samedi 24 janvier, un nouveau drame est venu raviver les tensions.
Un résident de Minneapolis abattu lors d’une opération fédérale
Un homme a été tué par des agents fédéraux dans la matinée de ce samedi, au croisement de la 26th Street West et Nicollet Avenue, dans le sud de Minneapolis. Selon un dossier hospitalier obtenu par l’Associated Press, la victime serait âgée de 51 ans. Le chef de la police locale, Brian O’Hara, a confirmé au Star Tribune qu’il s’agissait d’un résident de la ville et citoyen américain.
Le département de la Sécurité intérieure (DHS) affirme que l’individu s’est approché d’agents de la Border Patrol en possession d’un pistolet semi-automatique 9mm. « Les agents ont tenté de désarmer le suspect, mais celui-ci a violemment résisté. Craignant pour sa vie et celle de ses collègues, un agent a tiré », indique le communiqué officiel. Une photo de l’arme présumée a été diffusée sur les réseaux sociaux par le ministère.
Une vidéo circulant en ligne montre plusieurs agents portant des gilets marqués « Police » aux prises avec un homme au sol, avant que des coups de feu ne retentissent à plusieurs reprises.
Le gouverneur Tim Walz exige le retrait des agents fédéraux du Minnesota
La réaction du gouverneur démocrate du Minnesota ne s’est pas fait attendre. Tim Walz a dénoncé sur X ce qu’il qualifie de « nouveaux tirs atroces » perpétrés par des agents fédéraux. « Je viens de parler à la Maison Blanche. Le Minnesota en a assez. C’est ignoble », a-t-il écrit, avant d’exiger le retrait immédiat des « milliers d’agents violents et incompétents » présents dans son État.
La veille, malgré des températures glaciales, des milliers de manifestants avaient envahi les rues de Minneapolis lors d’une journée baptisée « Ice Out of Minnesota: Day of Truth and Freedom« , organisée par des responsables communautaires, religieux et syndicaux. Quelques heures après la fusillade de samedi, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées sur les lieux du drame. Des affrontements ont éclaté avec les forces fédérales, qui ont répondu par des tirs de gaz lacrymogène et du spray au poivre.
Les autorités démocrates du Minnesota accusent désormais le gouvernement fédéral de semer le chaos dans une ville encore traumatisée par la mort de Renee Good. Cette deuxième fusillade mortelle en moins de trois semaines montre l’escalade des tensions entre l’État et Washington autour de la présence massive d’agents fédéraux sur le sol du Minnesota.



