Depuis plusieurs décennies, l’Algérie et la Russie entretiennent une coopération militaire étroite, fondée sur des choix stratégiques constants. L’armée algérienne s’est construite en grande partie autour d’équipements d’origine soviétique puis russe, en particulier dans le domaine aérien. Cette relation de long terme explique la présence, au sein de ses forces, de nombreux chasseurs russes, même si Alger a progressivement diversifié certains équipements. C’est dans cette continuité que se situe l’acquisition récente d’avions de combat Su-57, un dossier qui provoque aujourd’hui une réaction ferme de Washington.
L’annonce n’est pas passée inaperçue. Aux États-Unis, l’administration dirigée par Donald Trump a fait savoir que l’achat par l’Algérie d’avions de chasse russes Su-57 pourrait entraîner des sanctions. Le message est clair : toute coopération militaire jugée sensible avec Moscou expose ses partenaires à des mesures restrictives américaines. L’armée algérienne, souvent présentée comme la deuxième plus puissante du continent africain, se retrouve ainsi au centre d’un bras de fer diplomatique qui dépasse la seule question de l’équipement militaire.
Les Su-57 sont des avions de chasse de dernière génération conçus par l’industrie russe. Leur acquisition par Alger a été confirmée par plusieurs sources spécialisées, même si le nombre exact d’appareils concernés n’a pas été officiellement détaillé. Pour Washington, ce type de contrat constitue un signal problématique, dans la mesure où il renforce les liens militaires avec Moscou à un moment où les États-Unis cherchent à limiter l’influence russe sur la scène internationale.
Ccoopération militaire avec la Russie
L’aviation militaire algérienne repose depuis longtemps sur des appareils russes. Les Su-30MKA, les MiG-29 ou encore les Su-24 ont structuré la capacité de défense aérienne du pays. Ces choix ne relèvent pas uniquement d’une préférence politique, mais aussi de considérations techniques, logistiques et financières. Les chaînes de maintenance, la formation des pilotes et la compatibilité des systèmes ont été pensées sur la durée.
L’arrivée annoncée des Su-57 renforce cette architecture existante. Elle ne marque pas une rupture, mais prolonge une logique déjà bien ancrée. C’est précisément cette continuité qui alimente l’inquiétude américaine. Pour Washington, maintenir des relations militaires actives avec la Russie expose les partenaires à des sanctions prévues par la législation américaine, même lorsque ces relations sont anciennes.
Du côté algérien, aucune déclaration officielle n’a laissé entendre un renoncement à cet achat. Les autorités rappellent régulièrement leur souveraineté dans le choix de leurs partenaires de défense et soulignent que l’Algérie dispose également d’équipements non russes, preuve d’une certaine diversification.
Sanctions et pression diplomatique sur Alger
La position américaine repose sur un avertissement plutôt que sur une décision déjà actée. Les responsables américains évoquent la possibilité de sanctions, sans en préciser la nature ni le calendrier. Cette approche vise avant tout à exercer une pression politique directe sur Alger, en mettant en avant les conséquences potentielles d’un rapprochement militaire avec Moscou.
La réaction de Washington s’adresse aussi à d’autres pays observant ce dossier. En ciblant une armée majeure du continent africain, les États-Unis envoient un signal à l’ensemble de leurs partenaires : les contrats d’armement avec la Russie sont désormais scrutés de près. L’Algérie se retrouve ainsi citée en exemple, en raison de son poids militaire et de la visibilité de son accord sur les Su-57.
Pour l’instant, aucune mesure concrète n’a été annoncée. Il est possible que les discussions se poursuivent sur le plan diplomatique avant toute décision formelle. De leur côté, les autorités algériennes n’ont pas confirmé l’existence de négociations avec Washington sur ce dossier précis.
Au-delà de la polémique, l’affaire des Su-57 révèle un affrontement de lignes politiques bien distinctes. L’Algérie affirme sa liberté de choix en matière de défense, tandis que les États-Unis tentent d’imposer leurs priorités stratégiques à travers la menace de sanctions. Entre ces deux positions, la coopération militaire algéro-russe continue de servir de point d’appui à une armée considérée comme l’une des plus structurées d’Afrique. Les prochains mois diront si la pression américaine débouche sur des décisions concrètes ou reste cantonnée au registre de l’avertissement diplomatique.


