Deux robes noires, deux offensives médiatiques simultanées. Pendant qu’Achraf Hakimi disputait mercredi soir un match décisif de Ligue des champions face à Monaco au Parc des Princes, ses avocates livraient une bataille parallèle sur les plateaux et les ondes, un duel de postures qui préfigure un procès à haute tension.
Sur France Inter mardi, puis sur BFMTV mercredi, Me Rachel-Flore Pardo a frappé en premier. « Ça suffit les calomnies », a-t-elle lancé, dénonçant la stratégie de communication de la partie adverse. Sa cliente, dit-elle, « accueille avec soulagement » le renvoi d’Achraf Hakimi devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine — ordonnance confirmée mardi 24 février par le juge d’instruction, dans le sillage des réquisitions du parquet de Nanterre.
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Depuis le camp adverse, Me Fanny Colin, avocate du défenseur marocain du PSG, ne conteste pas seulement les accusations : elle démonte la procédure. Refus d’examens médicaux, absence d’analyse ADN, téléphone non remis aux enquêteurs, témoin clé dont le nom aurait été tu — autant d’obstacles à l’enquête qu’elle attribue à la plaignante. Deux expertises psychologiques auraient, selon elle, relevé un manque de lucidité et l’absence de tout symptôme post-traumatique chez la jeune femme. La défense annonce faire appel du renvoi.
Me Pardo balaie point par point. « Tout ce que nous dit la défense d’Achraf Hakimi dans ce dossier est faux. » La plaignante s’est présentée au commissariat le jour même des faits — le 25 février 2023 — pour les dénoncer, a participé à trois auditions, deux expertises et une confrontation. L’accusation de refus de coopérer, selon Me Pardo, ne tient pas.
Les faits présumés remontent à cette nuit de février 2023. La jeune femme, contactée par Hakimi sur Instagram quelques semaines plus tôt, se rend à son domicile des Hauts-de-Seine. Les deux versions divergent radicalement : lui évoque un simple baiser consenti ; elle décrit une pénétration digitale imposée et envoie dans la foulée un message à une amie — « Je t’en supplie, dépêche-toi, il m’a violée » — que Me Pardo cite comme pièce centrale du dossier.
Des SMS au cœur du bras de fer judiciaire
Me Colin retourne l’argument. Avant même la soirée, la plaignante aurait échangé avec cette même amie des messages évoquant l’intention de « dépouiller » le footballeur — qualifiés de simples « blagues » par Me Pardo, présentés comme la preuve d’un mobile par Me Colin. La juge d’instruction a tranché en faveur du renvoi, jugeant le récit de la plaignante « constant et circonstancié » malgré quelques trous de mémoire, le premier récit formel étant intervenu un mois et demi après les faits.
Me Pardo avance un autre élément : les déclarations de Kylian Mbappé, ancien coéquipier d’Achraf Hakimi au PSG, contrediraient la version du joueur, sans que la teneur exacte de ce témoignage soit précisée.
Mis en examen en mars 2023 et placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de contact avec la plaignante, Hakimi a réagi sur ses réseaux sociaux : « J’attends avec calme ce procès qui permettra que la vérité éclate. » La date d’audience reste à fixer. En cas de condamnation, le joueur encourt jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle.
