Le rideau tombe. À quelques semaines de l’élection présidentielle d’avril 2026, le constat est sans équivoque : l’opposition n’est plus qu’un champ de ruines. Entre démissions successives, tensions internes et les contraintes liées au cadre électoral, le parti « Les Démocrates » (LD), principale formation d’opposition, apparaît aujourd’hui fragilisé.
Le dernier épisode du feuilleton en cours est la démission de Boni Yayi, président du parti, et de son fils Chabi Yayi, également membre du bureau politique. Il y a trois ans, LD incarnait la principale force d’opposition. Avec 28 députés arrachés de haute lutte lors de la législature de 2023, le parti Les Démocrates portait les espoirs d’une alternative. Aujourd’hui, la formation politique est «quasiment détruite », selon les mots de plusieurs observateurs à Cotonou.
Le coup de grâce est venu de l’intérieur. L’épisode Michel Sodjinou apparaît comme l’un des symboles les plus marquants des tensions qui traversent aujourd’hui l’opposition béninoise. Ce député, en refusant d’accorder son parrainage au duo désigné par le parti pour la présidentielle, a mécaniquement privé sa propre formation de la possibilité de concourir pour la présidentielle de 2026, avant de se faire élire député sur une liste de la majorité présidentielle. Ce geste, perçu par certains membres du parti LD comme une trahison a déclenché une onde de choc sans précédent au sein même de l’ancienne formation de l’ex-Président Boni Yayi.
Les conséquences ne se sont pas fait attendre. Après une série de démission précédemment enregistrées, on apprend depuis quelques heures la démission du président du parti, l’ancien chef de l’État Boni Yayi, précédée par celle de son fils, Chabi Yayi. Ce retrait de la famille fondatrice marque la fin d’une époque. Privés de leurs leaders naturels, de représentants à l’Assemblée nationale suite aux législatives de janvier 2026 — où le relèvement du seuil électoral à 20 % les a balayés malgré un score de 16,20 % et au regard des nouvelles lois qui encadrent l’animation de la vie politique au Bénin, — Les Démocrates sont désormais un parti « fantôme ».
Les mêmes causes produisent les mêmes effets
Le sort du parti LD ressemble beaucoup à celui de l’ancien parti Fcbe, celui qui avait été créé par les partisans de l’ancien président de la république et dont il était le président d’honneur. Il y a quelques années (27 juillet 2020), l’ancien président Thomas Boni Yayi démissionnait du parti Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe).
Dans sa lettre de démission adressée aux dirigeants du parti par exploit d’huissier, il avait ouvertement critiqué les réformes politiques. Ensuite, l’ancien Président béninois Boni Yayi avait révélé que le parti Fcbe n’était plus un parti d’opposition. Le temps lui a – t – il donné raison ? De toute façon, aux temps fort de l’opposition au régime de la Rupture, Paul Hounkpè qui a hérité des FCBE devenus la FCBE a déclaré qu’il faisait de l’opposition modérée.
Aujourd’hui, même si les raisons ne sont pas les mêmes, Boni Yayi quitte le navire LD évoquant des raisons de santé. Mais il ne faut pas oublier que peu avant, le désormais ex-président des Démocrates avait dénoncé dans une déclaration des pressions sur certaines figures de son désormais ancien parti ainsi que les réformes entreprises sous son successeur. Deux situations qui se ressemblent aussi bien en termes de scenarii que d’aboutissements.
Les Démocrates « nouveau format » en route vers la mouvance ?
Après le départ de Boni Yayi des Fcbe, le parti dirigé aujourd’hui par Paul Hounkpè a changé le ton en avançant l’argument d’une opposition modérée. D’ailleurs, le duo candidat de ce parti a bénéficié des parrainages d’élus des deux partis de la majorité après avoir signé un accord avec ces partis. Pour certains Béninois, Fcbe ne joue pas efficacement le rôle d’une opposition normale tandis que d’autres apprécient la posture du parti de Hounkpè.
Est-ce le même sort qui guette le parti Les Démocrates désormais privés de la famille Yayi? Déjà, il faut remarquer que la plupart des démissionnaires du parti, et même plus largement, du cadre de concertation de l’opposition, se sont dirigés tout droit vers la majorité présidentielle. Au-delà, les nouvelles lois de la République instaurent une trêve politique jusqu’à l’année électorale. On se demande donc bien si après la réunion du 6 mars annoncée par le Secrétaire à la communication du parti LD Guy Mitokpé, le parti d’opposition ne fera pas sa déclaration d’alignement dans le « rang ».
Recomposition du paysage politique
La disparition d’une opposition institutionnelle visible interroge : par quels canaux pourront désormais s’exprimer les différentes sensibilités politiques présentes dans la société ? En tout état de cause, l’animation de la vie politique au Bénin semble aujourd’hui évoluer au regard des derniers événements. Les confrontations d’idées entre blocs politiques nettement antagonistes apparaissent moins visibles qu’auparavant. Le paysage politique s’est progressivement transformé, marqué par le retrait ou l’éloignement de certaines figures fortes et par des recompositions partisanes. Le Bénin paraît ainsi entrer dans une nouvelle phase de son évolution politique, entre recherche de stabilité institutionnelle et interrogations sur la place du pluralisme dans le débat public.


Le parti LD peut cesser d’être de l’opposition, mais des opposants non LD existent et peuvent valablement faire une opposition dynamique et efficace.
Le départ de YAYI BONI peut même être une chance pour l’opposition. Une autre figure, présidentiable plus crédible que Eric HOUNDETE peut faire l’unanimité et conduire le combat.
Comprenez qu’une autre voix que celle de la pensée unique dans notre pays équivaudrait à l’exil ou la prison.
Tu arrêtes de fantasmer sachant que la loi inique inscrite dans la révision opportuniste de notre constitution prévoit une trêve de 5 ans pour permettre au clan de continuer la prédation.
Ils sont tous dans le rang dans le pays sauf la minorité silencieuse de nos compatriotes qui se taisent en attendant un jour nouveau.
Et ; ce jour se lèvera.
J’en suis convaincu.
Cette photo sur laquelle Yayi Yabo Baba est en position gbôdjô gbodjô, traduit la faiblesse de ces Démocrates prétendus….
bonjour mes supérieurs, lors des élections législatives et communale, la CENA viens de payer les MPV qui compris les assesseurs et les présidents des postes de vote dans semé podji dans la zone 2. pourtant moi la troisième assesseur du poste 1 dans l’école Marina la communautaire de pk10 je n’ai rien reçu
En quoi ça concerne les lecteurs ici .
Il faut prendre ta vie en main et trouver d’autres opportunités.
Ce n’est pas un travail ça.
Ce que je crois