Afrique subsaharienne : 23,6 milliards $ de dépenses militaires en 2025 selon un rapport

Les pays d’Afrique subsaharienne ont consacré 23,6 milliards de dollars aux dépenses de défense en 2025, révèle le rapport The Military Balance publié par l’International Institute for Strategic Studies. Cette augmentation de 19 % comparée à 2024 reflète une intensification des tensions sécuritaires à travers le continent.

L’Institut basé à Londres attribue cette envolée à la multiplication des foyers de conflits armés et à la dégradation des conditions de sécurité. Des guerres civiles prolongées au Soudan, à la République démocratique du Congo et dans la région du Sahel ont forcé les gouvernements à réviser à la hausse leurs allocations militaires.

Le Nigeria redouble ses investissements défensifs

Selon le rapport, le Nigeria s’impose comme le principal moteur de cette augmentation régionale. Le plus peuplé des pays africains a quasi doublé son budget militaire, le portant à 2,29 milliards de dollars en 2025 contre 1,17 milliard de dollars l’année précédente. Cette progression brutale intervient dans une période d’insécurité dans le nord-est du pays, où les groupes armés non étatiques restent actifs malgré les opérations militaires régulières.

Publicité

Les données de l’IISS indiquent que cette augmentation nigériane constitue un élément majeur de l’expansion budgétaire enregistrée au sud du Sahara. Le pays, avec ses 220 millions d’habitants, joue un rôle central dans l’économie et la géopolitique africaines, et ses choix en matière de sécurité influencent les dynamiques régionales.

Des trajectoires divergentes selon les pays

Contrairement à cette tendance générale, l‘Afrique du Sud a réduit ses dépenses militaires de 2,5 % pour les ramener à 3,6 milliards de dollars. Bien que demeurant le plus important budget de défense de la région en volume, cette baisse montre les contraintes budgétaires auxquelles fait face Pretoria malgré ses préoccupations sécuritaires internes.

Parallèlement, les pays du Sahel affichent une dynamique inverse. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont continué à élever massivement leurs enveloppes défensives au cours des dernières années, alimentée par des menaces terroristes. Ces augmentations s’accompagnent généralement de réorientations diplomatiques, ces trois pays ayant rompu leur coopération militaire avec les puissances occidentales traditionnelles.

Ces réallocations budgétaires surviennent dans une Afrique subsaharienne traversée par des défis économiques majeurs. Les gouvernements opèrent des arbitrages entre le renforcement de leur sécurité militaire et l’investissement dans les services publics, l’éducation et les infrastructures économiques. La trajectoire des dépenses de défense sur le continent pourrait dépendre de l’évolution des foyers de tension au cours de l’année 2026.

Laisser un commentaire