La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a entamé, mardi 3 février 2026, l’examen d’un dossier lié à la tentative de coup d’État déjouée du 7 décembre 2025 contre le président Patrice Talon. L’information a été rapportée par Banouto.
Quatre personnes comparaissent devant la juridiction spéciale. Elles sont poursuivies pour « apologie de crime contre la sûreté de l’État, incitation à la haine et à la violence, et incitation à la rébellion ». Parmi les prévenus figurent un agent des douanes, un responsable syndical et deux autres civils.
À l’audience, des éléments numériques — messages, enregistrements audio et vidéos — ont été présentés comme pièces à conviction. Ces contenus auraient exprimé un soutien aux militaires impliqués dans la tentative de putsch.
Des échanges avec Pascal Tigri au cœur des débats
L’un des accusés a reconnu avoir échangé avec le lieutenant-colonel Pascal Tigri le jour des faits. Il a expliqué connaître l’officier depuis l’enfance, à Tanguiéta. Selon sa déposition, il aurait cherché à vérifier les rumeurs circulant ce jour-là. Il affirme que son interlocuteur lui aurait confirmé la situation en cours et l’aurait invité à apporter son soutien. Le prévenu soutient toutefois n’avoir entrepris aucune action en ce sens.
Un autre accusé, douanier en poste, est soupçonné d’avoir relayé des propos favorables aux auteurs du putsch. Il conteste toute apologie de crime et assure que son message visait plutôt à appeler les dirigeants à corriger les dysfonctionnements du pays. « Aucun humain n’est parfait », a-t-il déclaré devant la Cour. Il soutient également qu’il se trouvait en période de repos les 6, 7 et 8 décembre. La juridiction lui a demandé d’en fournir la preuve lors de la prochaine audience. Les trois premiers prévenus ont plaidé non coupables et comparaissent sans avocat.
Une demande de liberté provisoire rejetée
Le dossier concerne également un militant du Parti communiste du Bénin (PCB), interpellé à Akpro-Missérété. Il est poursuivi à la suite d’une manifestation présentée par l’accusation comme un rassemblement de soutien au coup d’État. L’intéressé affirme au contraire qu’il s’agissait d’une mobilisation commémorant une date historique liée aux luttes démocratiques.
Son avocat a sollicité une mise en liberté provisoire, estimant que les faits reprochés relevaient d’une expression politique. Le ministère public s’y est opposé, invoquant la poursuite de l’instruction et le risque de concertation entre les mis en cause. La Cour a suivi ces réquisitions et renvoyé l’affaire au 17 mars 2026.



