Des offres d’adoption d’enfants qui circulent librement sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok, inquiètent les autorités béninoises. Derrière ces propositions apparemment anodines se cachent des pratiques illégales aux conséquences graves. L’Autorité centrale en matière d’adoption internationale tire la sonnette d’alarme et appelle à une vigilance accrue pour protéger les enfants.
Une nouvelle forme de dérive numérique attire l’attention des autorités béninoises. Sur les réseaux sociaux, des individus et des structures non habilités proposent désormais des enfants à l’adoption, en dehors de tout cadre légal. Face à cette situation, l’Autorité centrale en matière d’adoption internationale en République du Bénin (ACAIB) a décidé de briser le silence.
Dans un communiqué officiel en date du 13 février 2026, l’institution alerte l’opinion publique sur la circulation de « fausses offres d’adoption d’enfants » sur les plateformes numériques, avec une mention particulière pour TikTok.
Une pratique illégale aux conséquences lourdes
Selon les précisions apportées par l’ACAIB, ces annonces émanent d’acteurs non autorisés qui prétendent proposer des enfants à l’adoption, en violation des lois en vigueur. Une situation qui, au-delà de l’illégalité, expose les enfants à des risques majeurs.
L’institution met en garde contre des pratiques qui peuvent relever de tentatives d’escroquerie, mais aussi de phénomènes plus graves tels que la traite et l’exploitation d’enfants. « Ces pratiques constituent des tentatives d’escroquerie et exposent gravement des enfants à des risques de traite et d’exploitation », souligne le communiqué, insistant sur la gravité de la menace.
Dans un contexte marqué par l’expansion rapide des usages numériques, ce type de dérive trouve un terrain favorable. La viralité des contenus et l’anonymat relatif des plateformes facilitent la diffusion d’annonces frauduleuses, souvent difficiles à tracer.
L’ACAIB rappelle le cadre légal
Face à cette situation, les autorités rappellent avec fermeté que l’adoption d’un enfant ne peut se faire en dehors des procédures légales strictement encadrées.
Au Bénin, l’ACAIB demeure la seule institution habilitée à conduire la procédure administrative d’adoption internationale. Quant à la phase judiciaire, elle relève exclusivement des juridictions compétentes. Toute tentative d’adoption en dehors de ce circuit est considérée comme nulle et illégale.
Cette mise au point vise à dissiper toute ambiguïté, notamment chez les candidats à l’adoption qui pourraient être tentés de recourir à des circuits parallèles, souvent présentés comme plus rapides ou plus simples.
Des réseaux sous surveillance
Les autorités béninoises assurent ne pas rester passives face à cette menace. Le communiqué précise que des dispositions sont prises pour garantir la protection des enfants, aussi bien sur le territoire national que dans l’espace numérique.
Les services compétents sont mobilisés pour identifier et démanteler les réseaux impliqués dans ces pratiques. Les auteurs et leurs complices s’exposent à des poursuites judiciaires conformément aux lois en vigueur. Les autorités se réservent d’ailleurs le droit d’engager sans délai toute action nécessaire.
Ce signal fort traduit la volonté des pouvoirs publics de lutter contre toute forme de trafic ou d’exploitation d’enfants, dans un contexte où les outils numériques complexifient la tâche des régulateurs.
Appel à la vigilance collective
Au-delà de l’action des autorités, l’ACAIB appelle à une mobilisation de tous. Le public est invité à faire preuve de vigilance et à signaler toute tentative suspecte. Les citoyens peuvent notamment alerter les services compétents ou contacter gratuitement la Ligne d’Assistance aux Enfants (LAE) via le 138. Ce mécanisme de signalement constitue un maillon essentiel dans la lutte contre ces pratiques.
Dans un environnement numérique où l’information circule rapidement, la responsabilité individuelle devient un levier clé pour prévenir les abus et protéger les plus vulnérables.
Un enjeu de protection de l’enfance
Cette alerte intervient dans un contexte où la protection de l’enfance reste un enjeu majeur. L’essor des technologies numériques, s’il ouvre de nouvelles opportunités, crée également des espaces propices à des activités illégales.
En mettant en garde contre ces dérives, l’ACAIB entend non seulement prévenir les abus, mais aussi renforcer la confiance dans les mécanismes officiels, seuls garants d’une adoption sécurisée et conforme aux droits des enfants.



