Burkina : les USA concluent un accord sanitaire majeur de 147 millions $

Alors que les tensions diplomatiques persistent entre Ouagadougou et Washington, un accord sanitaire d’envergure vient d’être conclu. Un signal discret, mais stratégique, dans un Sahel sous pression sécuritaire et politique.

Quelques jours après des crispations récurrentes entre les deux capitales, Washington officialise un nouveau cadre de coopération avec Ouagadougou. Le Département d’État américain confirme la signature d’un accord sanitaire pluriannuel pouvant mobiliser jusqu’à 147 millions de dollars.

Le document prévoit un appui technique et financier destiné à renforcer les capacités du système de santé burkinabè, notamment face aux maladies infectieuses. Surveillance épidémiologique, lutte contre le paludisme et le VIH, formation du personnel : plusieurs axes sont identifiés. Le financement, étalé sur cinq ans, dépendra toutefois des arbitrages budgétaires du Congrès américain.

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Une coopération sous tension

Cette annonce intervient dans un climat marqué par des relations fragilisées. Depuis les changements de pouvoir intervenus en 2022, les liens entre les deux pays ont connu un net refroidissement. Restrictions de visas, désaccords diplomatiques et repositionnements géopolitiques ont redéfini les échanges. Ouagadougou a multiplié les partenariats alternatifs, tandis que Washington a réduit certaines formes de coopération, notamment sécuritaire.

Dans ce contexte, le maintien de programmes d’aide, notamment dans les secteurs sociaux, n’a jamais totalement cessé. Le nouvel accord sanitaire prolonge cette présence, tout en modifiant ses modalités.

La santé comme levier stratégique

Au-delà des objectifs sanitaires, l’initiative pourrait relever d’une approche plus large. Le Sahel reste une zone d’intérêt stratégique, confrontée à l’insécurité et aux recompositions d’alliances. Dans cet environnement, les programmes de santé publique offrent un canal d’intervention moins exposé que les coopérations militaires.

Le Burkina Faso, de son côté, devra renforcer sa contribution nationale au financement du secteur sanitaire, selon les termes de l’accord. Les premières phases de mise en œuvre devraient démarrer dans le courant de l’année 2026, sous réserve de validation des crédits par le Congrès américain.

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