La corruption reste l’un des principaux obstacles à l’efficacité de l’action publique dans de nombreux pays. Elle affaiblit la confiance des citoyens, ralentit les procédures administratives et compromet l’utilisation des ressources publiques. Face à ce phénomène, les États multiplient les mécanismes de prévention, de contrôle et de sanction, avec des approches variables selon les réalités nationales. Au Burkina Faso, cette problématique occupe depuis plusieurs années une place centrale dans le discours public et dans les priorités affichées par les autorités, qui ont progressivement renforcé les outils de lutte et de sensibilisation. Les annonces récentes marquent une nouvelle étape dans cette orientation.
Une stratégie anticorruption renforcée sous l’autorité de l’État burkinabè
Les autorités burkinabè ont confirmé leur volonté de durcir la lutte contre la corruption à partir de 2026. Cette orientation a été annoncée au nom du président Ibrahim Traoré, avec l’appui du KORAG, organe chargé des réformes liées à l’administration et à la gouvernance rapporte Burkina24.
Après une phase largement consacrée à la sensibilisation, les responsables estiment que les résultats obtenus nécessitent désormais des actions plus contraignantes. L’objectif affiché est de réduire les pratiques de corruption persistantes dans certains segments de l’administration publique, en misant sur des mécanismes de contrôle plus visibles et des réponses plus rapides face aux manquements constatés.
L’annonce officielle a été portée par Kiswendsida Farouk Azaria Tobouan Sorgho, porte-parole du KORAG, à l’issue d’une édition spéciale diffusée par les médias locaux. Selon les informations communiquées, l’État entend franchir un cap en passant d’un discours pédagogique à une action plus ferme, centrée sur la dissuasion et la preuve des infractions.
Administration publique et KORAG au cœur des nouvelles mesures anticorruption
Parmi les leviers retenus figure le recours à des opérations de documentation visant à établir des preuves concrètes d’actes de corruption au sein de l’administration. Ces opérations, menées dans le respect des procédures annoncées par les autorités, reposent notamment sur l’utilisation de supports vidéo destinés à documenter des pratiques illicites avérées.
Les responsables expliquent que cette méthode vise à renforcer l’effet dissuasif des contrôles, tout en facilitant le traitement des dossiers par les instances compétentes. La diffusion de certaines séquences, déjà amorcée selon les informations disponibles, doit servir d’exemple et rappeler les conséquences immédiates auxquelles s’exposent les agents impliqués dans des faits de corruption.
Le rôle du KORAG apparaît central dans la mise en œuvre de cette nouvelle phase. Chargé d’orienter et de coordonner les réformes liées à la gouvernance administrative, l’organe se positionne comme un acteur clé dans le suivi des actions annoncées et dans l’évaluation de leur impact. Les autorités insistent sur la nécessité de restaurer des pratiques conformes aux règles en vigueur, en particulier dans les services les plus exposés aux sollicitations illicites.
Cette évolution de la stratégie gouvernementale repose sur un constat partagé par les responsables : la persistance de comportements contraires à l’éthique administrative malgré les campagnes de sensibilisation. En réponse, l’État privilégie désormais des mesures plus directes, centrées sur la preuve, la sanction et la prévention par l’exemple.


