Le paysage audiovisuel camerounais et continental est en deuil suite au décès de Consty Eka, survenu ce dimanche 15 février 2026. Cette figure de proue des médias laisse derrière elle un héritage immense, marqué par une dévotion totale à la promotion de l’excellence culturelle. L’annonce de son départ a provoqué une onde de choc immédiate dans le milieu de la musique et de la communication, où il était considéré comme un mentor et un précurseur indispensable.Au-delà d’une simple perte pour le Cameroun, c’est toute l’Afrique créative qui perd un artisan majeur de son rayonnement international à travers les ondes et les écrans.
Un architecte du divertissement au service du rayonnement culturel camerounais
La trajectoire de Consty Eka se confond avec l’évolution de la production télévisuelle en Afrique centrale, où il a su imposer un standard de qualité jusque-là inédit. En tant qu’animateur vedette et producteur visionnaire, il a transformé les plateaux de la CRTV en de véritables laboratoires de talents, offrant une visibilité sans précédent aux rythmes locaux et aux courants urbains émergents. Sa capacité à détecter le potentiel artistique avant tout le monde a fait de lui un interlocuteur privilégié des plus grandes stars du continent, qui voyaient en lui un gage de crédibilité et de professionnalisme. Il n’était pas seulement un homme de micro, mais un stratège de l’image qui comprenait l’importance de l’esthétique et de la narration pour séduire une audience africaine de plus en plus exigeante et connectée.
Son influence dépassait largement les frontières nationales, car il avait compris très tôt que la culture constituait le levier le plus puissant du « soft power » africain. En structurant des émissions de variétés qui n’avaient rien à envier aux productions internationales, il a ouvert la voie à une génération entière de journalistes culturels et de réalisateurs. Sa maîtrise des codes de l’industrie musicale lui permettait de conseiller les artistes sur leur positionnement marketing autant que sur leur présence scénique. Ce rôle de conseiller de l’ombre, couplé à sa notoriété publique, a solidifié une carrière bâtie sur la rigueur et une passion jamais démentie pour le divertissement de haut vol, faisant de chaque projet qu’il touchait un événement médiatique majeur.
L’impact durable de Consty Eka sur la scène musicale et l’hommage de Koffi Olomidé
L’importance de ce grand homme résidait dans sa capacité à servir de pont entre les époques, reliant les pionniers du Makossa aux nouvelles vagues de l’Afrobeats. Durant plusieurs décennies, il a orchestré la rencontre entre le public et les créateurs, s’assurant que la musique africaine soit traitée avec la dignité et l’ambition qu’elle mérite. Dans un écosystème souvent marqué par le manque de structures formelles, ses productions ont offert un cadre professionnel rigoureux, essentiel pour exporter les sonorités locales vers les marchés mondiaux. Son action a directement contribué à professionnaliser le métier d’animateur, en y injectant une dimension de production exécutive qui faisait de lui un véritable patron de l’audiovisuel, capable de gérer des enjeux économiques complexes tout en préservant l’intégrité artistique.
Le monde de la musique n’a pas tardé à réagir à cette disparition, soulignant l’aspect humain et fraternel de cet homme de réseaux. Parmi les témoignages les plus poignants figure celui de la légende congolaise Koffi Olomidé. Sur ses plateformes sociales, l’artiste a exprimé une gratitude infinie envers celui qu’il considérait comme un proche, affirmant : « Aucun mot ne pourra exprimer toute ma reconnaissance pour ce que tu as apporté à ma carrière et à ma vie. » Le chanteur a conclu son adieu avec émotion en saluant le départ de son « frangin ». Ce lien étroit avec l’une des plus grandes stars de la République Démocratique du Congo témoigne de la place centrale que le défunt occupait dans le cœur des artistes.
Le départ de l’animateur marque la fin d’une ère pour la télévision, mais son œuvre demeure une boussole pour ceux qui aspirent à porter la culture africaine toujours plus haut. Alors que les hommages continuent d’affluer de Douala, Yaoundé, Paris et Kinshasa, le souvenir de son sourire et de sa voix restera gravé dans la mémoire collective comme le symbole d’une nation audacieuse et conquérante.
