Commerce et sécurité : le Ghana et le Burkina signent 7 accords

Après plusieurs années de pause, Accra et Ouagadougou reprennent un dialogue bilatéral structuré. Derrière les textes signés, un enjeu immédiat : sécuriser un axe routier vital pour les échanges sous-régionaux.

À Ouagadougou, les délégations ont relancé une coopération restée en suspens depuis 2018. Sept accords ont été conclus à l’issue d’une commission mixte, couvrant sécurité, commerce et gouvernance des frontières. Pour la partie burkinabè, ces accords dépassent le cadre formel. « Ils constituent des leviers opérationnels, des mécanismes concrets et des outils d’impact pour nos économies et pour nos populations », a affirmé le ministre Jean Marie Traoré rapporte APANews. Le corridor reliant le port de Tema à la capitale burkinabè concentre les priorités. Ce tracé supporte une part importante des importations du Burkina Faso, pays enclavé dépendant de ses voisins côtiers pour son approvisionnement.

Dans un contexte marqué par l’insécurité dans le Sahel, les autorités cherchent à encadrer les flux. Les textes signés portent sur la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue et la criminalité transfrontalière. Une coordination accrue entre forces de sécurité est envisagée. Des mécanismes d’échange d’informations et des patrouilles conjointes pourraient être renforcés, selon des sources proches des discussions.

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Corridor stratégique, sécurité sous pression

Le transport routier figure parmi les secteurs les plus exposés. Attaques ciblées, rackets et retards perturbent régulièrement la circulation des marchandises. Face à ces contraintes, Accra et Ouagadougou misent sur une harmonisation des règles de transit. La reconnaissance mutuelle de documents de transport et des permis de conduire devrait faciliter les déplacements des chauffeurs.

Des dispositifs de gestion coordonnée des frontières complètent l’ensemble. Il s’agit notamment de réduire les délais de passage tout en maintenant un contrôle renforcé des flux.

Entre voisinage et recomposition régionale

Liés par une frontière commune, le Ghana et le Burkina Faso partagent une histoire de coopération au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Le paysage régional a évolué. Le Burkina Faso a fondé l’Alliance des États du Sahel avec le Mali et le Niger, dans un contexte de tensions avec la CEDEAO

Accra reste ancré dans l’espace communautaire. Cette divergence n’a pas interrompu les échanges bilatéraux, portés par des intérêts économiques immédiats et des impératifs sécuritaires.

Au milieu de ces recompositions, les deux capitales privilégient des arrangements directs. Le corridor Tema–Ouagadougou conserve son rôle de trait d’union.

La mise en œuvre des accords devrait s’échelonner dans les prochains mois, avec des réunions techniques attendues pour préciser les modalités opérationnelles.

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