Le réseau routier ivoirien traverse une zone de fortes turbulences en ce premier semestre 2026, marqué par une recrudescence alarmante de la sinistralité. Les données consolidées par les autorités compétentes révèlent un bilan humain particulièrement lourd avec 164 décès et 519 accidents recensés sur l’ensemble du territoire national. Face à cette situation critique, le gouvernement intensifie ses dispositifs de surveillance, notamment dans la zone métropolitaine d’Abidjan où se concentre la majorité des incidents. L’enjeu majeur réside désormais dans la capacité du pays à inverser cette courbe meurtrière par une application rigoureuse des réformes de sécurité routière déjà engagées.
Sécurité routière et réformes du transport en Côte d’Ivoire
La lutte contre l’insécurité routière constitue un pilier central de la politique de développement des infrastructures en Afrique de l’Ouest, particulièrement dans un hub économique comme Abidjan. Depuis plusieurs années, l’État ivoirien a structuré sa réponse autour de la Stratégie nationale de sécurité routière 2021-2025, qui a introduit des innovations technologiques majeures telles que le système de transport intelligent (STI). Le déploiement de la vidéo-verbalisation et du permis de conduire à points visait initialement à réduire de moitié le nombre de victimes d’ici la fin de la décennie. Ce cadre légal s’accompagne d’un renouvellement progressif du parc automobile, souvent pointé du doigt pour sa vétusté, afin de limiter les défaillances mécaniques sur les axes stratégiques reliant le port autonome aux pays de l’hinterland.
L’analyse de la situation actuelle montre que la zone urbaine d’Abidjan reste le foyer principal de l’insécurité routière, concentrant environ 67 % des accidents signalés. Toutefois, le niveau de gravité le plus élevé est observé sur les routes interurbaines, où la violence des chocs entraîne des pertes humaines massives. Parmi les drames les plus marquants de ces dernières semaines, une collision survenue début février a coûté la vie à 19 usagers en un seul événement. Quelques jours auparavant, dans la région septentrionale du pays, un véhicule de transport de marchandises transportant illégalement des passagers avait également terminé sa course de manière tragique, causant 14 décès supplémentaires. Ces épisodes mettent en exergue la persistance de pratiques dangereuses malgré les campagnes de sensibilisation.
Amadou Koné et la stratégie de tolérance zéro contre l’incivisme routier
Le ministre des Transports, Amadou Koné, a réagi fermement à cette accumulation de drames en prônant une politique de répression systématique contre les contrevenants. Les autorités mettent en avant trois facteurs principaux de mortalité : l’excès de vitesse, la consommation d’alcool au volant et l’imprudence notoire des conducteurs d’engins à deux ou trois roues. Pour freiner cette dynamique, le déploiement des unités de la police de la route a été renforcé sur les axes accidentogènes, avec pour consigne de ne tolérer aucun manquement technique ou comportemental. La surveillance électronique, pilier de la modernisation du secteur, est plus que jamais sollicitée pour identifier les conducteurs dont le comportement met en péril la vie d’autrui.
Au-delà des sanctions, c’est une véritable transformation de la culture de la route qui est espérée par les décideurs ivoiriens. Le bilan de 1 934 blessés enregistrés depuis le début de l’année 2026 pèse lourdement sur le système de santé et l’économie nationale. La multiplication des contrôles de proximité et l’exigence de certificats de visite technique authentiques s’inscrivent dans une volonté globale de protéger les citoyens. La réussite de ce plan dépendra de la synergie entre la vigilance des forces de l’ordre et la responsabilité individuelle de chaque automobiliste, dans un contexte où chaque trajet ne devrait plus représenter un risque vital.
L’année 2026 se présente donc comme un test de résilience pour les réformes de transport en Côte d’Ivoire. Si les outils technologiques et législatifs sont en place, la réalité des chiffres rappelle que le chemin vers une route totalement sécurisée reste parsemé de défis comportementaux. Le gouvernement semble déterminé à ne pas laisser ce début d’année définir la tendance annuelle, misant sur une sévérité accrue pour restaurer la confiance des usagers sur le bitume ivoirien.
