En juillet 2025, une fillette de 9 ans est entrée dans l’histoire de l’éducation nationale française en devenant la plus jeune bachelière jamais recensée dans le pays. Cette élève, qui a passé les épreuves en candidat libre à Paris dans les spécialités mathématiques et physique-chimie, a obtenu son diplôme aux rattrapages. Un exploit qui pulvérise le précédent record détenu depuis 1989 par Arthur Ramiandrisoa, bachelier à 11 ans et 11 mois.
Derrière cette performance se trouve un organisme de formation encore peu connu du grand public : ISOSET, et sa méthode d’apprentissage baptisée Aleph. Cette structure, fondée en 2008 et initialement spécialisée dans les formations aux métiers de l’informatique, a développé une approche pédagogique destinée aux enfants de 2 à 15 ans.
Un parcours atypique commencé à Dubaï
La jeune bachelière, de nationalité grenadienne, n’était pas francophone à l’origine. Scolarisée dans une école internationale à Dubaï, elle a commencé à apprendre le français à l’âge de six ans, moment où elle a également débuté son accompagnement avec ISOSET. Selon les informations communiquées par l’organisme, elle a suivi des cours avec des professeurs dans toutes les matières, progressant au fur et à mesure de sa compréhension.
Hugo Sbai, l’un des promoteurs de la méthode Aleph et lui-même bachelier à 12 ans en 2012, a précisé que la fillette possède un quotient intellectuel normal. Cette information, régulièrement mise en avant par ISOSET, vise à souligner que les résultats obtenus ne seraient pas liés à une intelligence exceptionnelle mais bien à la méthode d’apprentissage employée.
Hugo Sbai, figure emblématique de la méthode
Le parcours d’Hugo Sbai illustre les ambitions affichées par la méthode ISOSET. Né en 2000 à Orsay dans l’Essonne, il obtient son baccalauréat scientifique mention très bien à l’âge de 12 ans. Son parcours scolaire accéléré a débuté en primaire, lorsque son institutrice lui a proposé de sauter une classe dans un contexte de double niveau CP-CE1.
Après son baccalauréat, Hugo Sbai a poursuivi des études supérieures à un rythme tout aussi soutenu. À 16 ans, il décrochait deux masters en parallèle : l’un en informatique à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, l’autre en droit à la Sorbonne. À 17 ans, il soutenait sa thèse de doctorat sur la cybersurveillance à l’université de Lille. Il a ensuite obtenu un second doctorat grâce à un diplôme de l’université d’Oxford, devenant ainsi l’un des rares Français diplômés d’un double doctorat à 21 ans. Il a prêté serment comme avocat en 2023.
Les principes de la méthode Aleph
La méthode Aleph repose sur plusieurs principes fondamentaux. Selon les informations publiées par ISOSET, l’approche consiste à synthétiser les compétences en éliminant les redondances, tout en fournissant un environnement psychologique adapté à l’enfant. Le temps d’étude quotidien serait réduit à environ deux heures, l’accent étant mis sur la compréhension et la structuration des savoirs plutôt que sur la répétition.
L’organisme affirme que certaines notions peuvent être abordées plus tôt que dans le cursus scolaire traditionnel. Hugo Sbai cite l’exemple des nombres négatifs, qui pourraient selon lui être enseignés dès l’âge de sept ans, alors que cette notion est généralement étudiée en classe de sixième ou cinquième dans le système éducatif classique.
ISOSET insiste sur le fait que les enfants suivant cette méthode vivent leur enfance comme les autres, avec des temps de jeux et de loisirs préservés. La devise affichée par l’organisme est d’ailleurs d’apprendre en jouant.
Des résultats documentés sur plusieurs années
Au-delà du cas de la bachelière de 9 ans, ISOSET revendique plusieurs résultats obtenus grâce à sa méthode. En 2021, deux autres élèves ont obtenu leur baccalauréat à 12 et 14 ans. L’organisme affirme également avoir accompagné des étudiants jusqu’à l’obtention d’un master à 14 ans et d’un doctorat à 17 ans. Les lauréats de 2021 poursuivraient actuellement leur parcours en doctorat dans l’un des plus grands instituts de recherche au monde.
La méthode est présentée comme étant encore en phase expérimentale. À terme, l’objectif affiché par ISOSET serait de généraliser un âge d’obtention du baccalauréat autour de 15 ans. Les dirigeants de l’organisme envisagent de démocratiser cette approche dans les dix à vingt prochaines années, notamment grâce au développement d’une plateforme numérique.
Et maintenant ?
La jeune bachelière de 9 ans a décidé de poursuivre des études supérieures. Selon les informations communiquées par Hugo Sbai, elle entamera un double cursus en informatique et en droit dans deux universités, en France et à l’étranger, tout en continuant à résider à Dubaï. Sa motivation serait simplement de continuer à apprendre de nouvelles choses.
Ce parcours hors norme soulève des questions sur l’accompagnement des enfants précoces et sur les rythmes d’apprentissage dans le système éducatif. Le ministère de l’Éducation nationale, s’il a confirmé ce record de précocité, n’a pas communiqué davantage sur le profil de la jeune diplômée. En France, l’accès à l’enseignement supérieur est conditionné par l’obtention du baccalauréat, sans condition d’âge minimum, ce qui ouvre théoriquement les portes de l’université à cette bachelière de 9 ans.
