En Colombie, un projet politique inédit attire l’attention à l’approche des élections législatives prévues en 2026. Baptisée « Gaitana », une intelligence artificielle est présentée comme candidate pour un siège réservé aux communautés indigènes rapporte CNEWS. Représentée sous les traits d’une femme à la peau bleue, elle se veut porteuse d’un modèle de gouvernance participatif. Derrière cette initiative, ses promoteurs mettent en avant une nouvelle forme de représentation reposant sur les contributions numériques des citoyens. L’expérience soulève toutefois des interrogations sur la place de la technologie dans la vie démocratique.
À mesure que les échéances électorales se rapprochent en Colombie, une candidature singulière suscite des réactions. Sous le nom de « Gaitana », une intelligence artificielle est en effet présentée comme prétendante à un siège parlementaire réservé aux communautés indigènes. Ce dispositif électoral spécifique vise habituellement à garantir la représentation de populations historiquement marginalisées. Dans ce cas précis, le projet repose sur un système numérique où les orientations politiques seraient déterminées à partir de consultations en ligne, impliquant un large nombre d’utilisateurs.
L’initiative s’appuie sur une mise en scène visuelle bien définie. « Gaitana » apparaît sous la forme d’un personnage féminin, reconnaissable notamment à sa peau bleue, un choix graphique qui renforce son identité numérique. Cette représentation vise à distinguer clairement la candidate virtuelle des figures humaines traditionnelles de la politique. À travers ses supports de communication, elle se présente comme engagée sur des thématiques liées à l’environnement et à la protection des animaux, tout en défendant une approche participative de la prise de décision publique.
Une intelligence artificielle dans le processus électoral en Colombie
Le fonctionnement proposé repose sur un principe de « démocratie numérique », selon lequel les décisions et propositions de lois seraient issues de votes en ligne. Les promoteurs de ce projet mettent en avant la possibilité d’élargir la participation citoyenne, en permettant à un grand nombre d’individus de contribuer à l’élaboration des orientations politiques. Dans cette perspective, l’intelligence artificielle agirait comme un relais entre les contributions recueillies et leur traduction en propositions concrètes.
Toutefois, la candidature d’une entité numérique pose des questions juridiques et institutionnelles. Les règles électorales colombiennes ont été conçues pour encadrer la participation de personnes physiques ou de formations politiques clairement identifiées. L’introduction d’un dispositif reposant sur une intelligence artificielle pourrait ainsi susciter des débats sur la responsabilité, la transparence et la légitimité d’un tel modèle. À ce stade, il apparaît que des acteurs humains restent à l’origine du projet et assurent son pilotage.
Une évolution liée à son essor mondial
L’émergence d’une telle initiative intervient dans un contexte marqué par la progression rapide de l’intelligence artificielle à l’échelle internationale. Au cours des dernières années, ces technologies se sont imposées dans des secteurs variés, allant de la santé à l’éducation, en passant par la communication et les services numériques. Les avancées en matière de traitement des données et de génération de contenus ont notamment favorisé l’apparition de nouveaux usages, y compris dans des domaines traditionnellement réservés à l’intervention humaine.
Dans plusieurs pays, l’intelligence artificielle est désormais mobilisée pour analyser l’opinion publique, optimiser des campagnes de communication ou encore automatiser certaines tâches administratives. Cette évolution s’accompagne de débats sur les limites de son utilisation, en particulier lorsqu’il s’agit de décisions engageant l’intérêt général. L’entrée de ces technologies dans la sphère politique, comme en témoigne le cas colombien, illustre une extension progressive de leurs champs d’application, tout en mettant en lumière les enjeux éthiques et démocratiques qui en découlent.
