Engagée dans une dynamique de modernisation de son système éducatif, la République du Bénin a amorcé une réforme ambitieuse de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, avec un accent particulier sur les lycées agricoles. Cette première année d’expérimentation constitue un tournant important et est perçue désormais comme un levier stratégique du développement économique et de la lutte contre le chômage des jeunes. Au cœur de cette réforme figure la création de nouvelles filières agricoles et para-agricoles, conçues pour mieux répondre aux réalités du marché de l’emploi et aux besoins de l’économie nationale. Dans plusieurs lycées agricoles du pays, des formations innovantes ont vu le jour, notamment en agroécologie, transformation agroalimentaire, machinisme agricole, aquaculture ou encore gestion des exploitations agricoles. L’objectif affiché par les autorités est clair : former des techniciens qualifiés, capables non seulement de produire, mais aussi de transformer, conserver et commercialiser les produits agricoles. Cette diversification des filières vise également à rendre l’enseignement agricole plus attractif pour les jeunes, souvent réticents à s’engager dans des formations perçues comme peu valorisantes ou peu rentables. Si la création de nouvelles filières constitue une avancée notable, la réforme met également en lumière la nécessité d’actualiser les curricula de formation. Les anciens programmes, jugés théoriques et parfois obsolètes, laissent progressivement place à des contenus plus pratiques, axés sur les compétences, l’innovation et l’entrepreneuriat agricole.
La formation des enseignants, un défi majeur
La réussite de la réforme dépend en grande partie de la qualité du corps enseignant. La première année d’expérimentation met toutefois en évidence la nécessité de renforcer davantage la formation continue des enseignants des lycées agricoles. Plusieurs d’entre eux n’ont pas encore bénéficié d’un accompagnement suffisant pour s’approprier pleinement les nouvelles approches pédagogiques, les technologies agricoles modernes et les contenus des filières récemment introduites. Des sessions de formation ont bien été organisées, mais certains acteurs du secteur estiment qu’elles gagneraient à être approfondies et élargies. Des enseignants soulignent eux-mêmes l’intérêt d’une mise à niveau régulière afin d’accompagner plus efficacement les apprenants dans ce nouveau cadre.
Des défis structurels à relever
Au-delà des dimensions pédagogiques, la réforme fait face à plusieurs défis structurels qui restent à relever. Les besoins en infrastructures modernes, en équipements de production et de transformation, ainsi qu’en partenariats plus étroits avec le secteur privé, constituent autant de facteurs susceptibles d’influencer l’impact concret de la réforme sur le terrain.
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