Epstein : six entrepôts secrets auraient échappé au FBI selon le Daily Telegraph

Un email daté d’août 2009 résume tout. Pendant seize ans, Jeffrey Epstein aurait bâti un réseau parallèle d’unités de stockage disséminées à travers les États-Unis pour y enfouir ordinateurs, photographies et documents — des preuves que le FBI n’aurait, selon toute vraisemblance, jamais saisies.

Août 2009. Un mois après sa libération de la prison du comté de Palm Beach, Jeffrey Epstein reçoit un email de Bill Riley, ancien policier reconverti en détective privé. Riley y confirme avoir déplacé « les ordinateurs et documents retirés de la maison de Jeff avant l’exécution du mandat de perquisition », désormais « mis sous clé dans le stockage ». Le document, exhumé par le Daily Telegraph, constitue la pièce centrale d’une enquête publiée le 22 février 2026.

Six unités de location au total. Des relevés de carte de crédit retracent des paiements réguliers dès 2003 jusqu’à la mort du financier en 2019. Certaines unités se trouvaient à cinq minutes de sa résidence new-yorkaise sur East 71st Street — là même où le FBI saisit 33 appareils électroniques lors de son arrestation en juillet 2019. Des emails internes évoquent le transfert de matériel depuis Little Saint James, son île privée des Caraïbes, vers ces espaces de stockage, avec des discussions portant sur l’effacement de données en transit.

Des personnalités exposées, des preuves peut-être intactes

Les mandats de perquisition examinés par le Telegraph, issus des trois millions de documents publiés par le département de la Justice le 30 janvier 2026, suggèrent qu’aucune autorité américaine n’a jamais fouillé ces unités. Une photo prise par un collaborateur d’Epstein montre l’une d’elles remplie du sol au plafond : ventilateurs, projecteurs, cartons, mobilier — un vidage systématique de propriétés, pas un simple archivage.

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Le Telegraph pointe deux noms. Andrew Mountbatten-Windsor, arrêté au Royaume-Uni pour soupçons d’abus de pouvoir à la suite des révélations du DOJ, figurait parmi les visiteurs réguliers des propriétés d’Epstein pendant la période couverte par ces locations. Lord Mandelson, ancien ambassadeur britannique aux États-Unis, avait démissionné de la Chambre des Lords après la publication des fichiers en décembre 2025.

Le scandale Epstein : une décennie de révélations en cascade

L’affaire dépasse largement la question des entrepôts. Epstein avait plaidé coupable en 2008 à des charges de sollicitation de prostitution impliquant une mineure, bénéficiant d’un accord de non-poursuite fédérale controversé. Réarrêté en juillet 2019 pour trafic sexuel, il mourut le 10 août de la même année dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center de Manhattan — officiellement par suicide, dans des circonstances qui continuent d’alimenter les spéculations.

Trois millions de documents, des caméras dissimulées dans des boîtes de mouchoirs, un ranch au Nouveau-Mexique où une enquête criminelle rouverte récemment examine la possibilité de restes humains enfouis sur le site : le Telegraph avait aussi révélé plus tôt ce mois-ci qu’Epstein avait ordonné l’installation de ces caméras secrètes après qu’un contact l’eut informé que « les Russes pourraient s’avérer utiles ». Pendant des années, le FBI affirmait ne disposer d’aucune preuve d’un stockage délibéré de matériel compromettant — les entrepôts identifiés par le Telegraph contredisent directement cette position.

Le FBI n’avait pas répondu aux demandes de commentaire du New York Post au moment de la publication. La question d’une procédure formelle visant ces unités de stockage reste, à ce stade, sans réponse publique des autorités américaines.

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