Paris entend protester contre la gestion américaine d’une affaire française. Jean-Noël Barrot convoquera Charles Kushner après les déclarations de l’ambassade sur le meurtre de Quentin Deranque et ses implications politiques dans un climat de tensions.
Les déclarations américaines irritent Paris
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a indiqué dimanche qu’il allait convoquer l’ambassadeur des États-Unis en France, Charles Kushner, après des prises de position de l’ambassade américaine concernant le meurtre d’un militant français d’extrême droite survenu la semaine précédente.
Âgé de 23 ans, Quentin Deranque avait été violemment agressé le 12 février lors d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Pris à partie par plusieurs individus masqués, il avait subi de graves traumatismes crâniens avant de succomber à ses blessures deux jours plus tard, le 14 février. Dans le cadre de l’enquête, deux personnes ont été mises en examen pour homicide volontaire, d’autres pour homicide, tandis qu’un assistant parlementaire d’un député LFI est poursuivi pour complicité de meurtre par instigation.
Les déclarations de l’ambassade américaine ont immédiatement suscité l’agacement des autorités françaises. Sur la plateforme X, la représentation diplomatique a indiqué qu’elle « surveillait l’affaire » et affirmé que « le gauchisme radical violent était en hausse » et devait être considéré comme « une menace pour la sécurité publique ». Jean-Noël Barrot a réagi fermement, déclarant : « Nous refusons tout opportunisme politique autour de ce drame, qui est le deuil d’une famille française », dans un entretien accordé à France Info.
L’indépendance française en jeu
Mais Jean-Noël Barrot ne s’est pas contenté d’une simple protestation. Il a également indiqué qu’il entendait lever les sanctions américaines visant l’ancien commissaire européen Thierry Breton ainsi que le juge français à la Cour pénale internationale, Nicolas Guillou, dénonçant des mesures qu’il considère comme des « attaques contre l’autonomie décisionnelle de l’Union européenne et l’indépendance de la justice internationale ».
Le geste politique est clair. La convocation de Kushner ne règle qu’une partie du problème. L’annonce du retrait français des sanctions vise plus large : elle signale à Washington que Paris refuse de se laisser dicter sa politique étrangère et sa position sur les instances internationales. Kushner sera reçu à la chancellerie dans les jours à venir. Le timing de cette rencontre diplomatique reste à préciser.



