Guerre en Ukraine : un avenir incertain pour les étrangers engagés sur le front

La Légion internationale pour la défense territoriale de l’Ukraine a été formée fin février 2022, quelques jours après le début de la guerre, à la demande du président Volodymyr Zelensky pour permettre aux volontaires étrangers de rejoindre la défense de l’Ukraine contre la Russie. Des milliers de combattants originaires de plus de cent nations ont servi aux côtés de l’armée ukrainienne. Or, quatre ans après son lancement, cette structure qui a marqué l’effort de guerre ukrainien fait face à une transformation radicale dont les contours restent flous.

Dissolution d’une légion et craintes des volontaires étrangers en Ukraine

À la fin de l’année 2025, l’armée ukrainienne a officiellement annoncé la fin des légions internationales telles qu’elles existaient jusqu’alors. Selon Kyiv Independent, cette décision, prise en octobre, inquiète les volontaires étrangers. Beaucoup ignorent ce que cette réorganisation signifiera pour leur avenir militaire. Des soldats venus du monde entier, qui ont combattu ensemble pendant des années et construit une forte cohésion, voient soudain leur parcours devenir incertain.

Les inquiétudes sont nombreuses. La dissolution risque de fragmenter des unités bien organisées, et certains officiers dénoncent la destruction d’équipes efficaces. Les volontaires craignent aussi d’être intégrés à de nouveaux bataillons où ils devront faire face à la barrière de la langue, aux différences de formation et de niveau, et à la coordination avec des soldats qu’ils ne connaissent pas. Un soldat brésilien interrogé par le Kyiv Independent affirme : « Nous avons déjà combattu ensemble pendant quatre ans, et nous ne voulons pas être séparés ». Face à cette incertitude, certains envisagent même de rentrer dans leur pays d’origine.

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Réaffectation stratégique et promesses de l’armée de terre ukrainienne

Pour répondre à ces inquiétudes, l’état-major explique que la situation sur le front a changé et que la structure des forces de défense doit être réorganisée. Selon les autorités, cette réorganisation permettra de mieux utiliser les compétences de chacun. Les responsables militaires tiennent à reconnaître l’apport des volontaires étrangers et saluent leur engagement pour la défense du pays.

Plutôt que de les renvoyer, le nouveau modèle prévoit de réaffecter les volontaires dans d’autres unités où leurs compétences et motivations seront les plus utiles. L’armée leur offre même la possibilité de choisir leur future brigade, leur rôle et leur spécialité.

Pourtant, la transition reste floue en pratique. Trois mois après l’annonce initiale, les détails concrets demeurent vagues. L’état-major tarde à expliquer comment ces changements affecteront concrètement les soldats sur le terrain. Cette absence de communication prolonge une incertitude au moral des troupes et complique la planification de ces combattants. L’efficacité de cette réorganisation dépendra en grande partie de la capacité des autorités à transformer leurs promesses en directives claires et exécutables, tandis que les volontaires étrangers attendent des réponses qui tardent à venir.

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