Iran : les armées européennes sont désormais des groupes terroristes

Jeudi 29 janvier 2026, l’Union européenne a franchi un cap en inscrivant le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) sur sa liste des organisations terroristes. Bruxelles s’est ainsi alignée sur la position des États-Unis, du Canada et de l’Australie, qui avaient déjà pris des mesures similaires respectivement en 2019, 2024 et 2025. L’UE reproche aux Gardiens d’avoir orchestré la répression sanglante des manifestations qui secouent l’Iran depuis fin 2025. La riposte de Téhéran ne s’est pas fait attendre.

Le Parlement iranien invoque une loi de 2019 contre l’Europe

Dimanche 1er février, Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, a annoncé que les forces armées des pays européens étaient désormais considérées comme des « groupes terroristes » au regard du droit iranien. Le responsable s’est appuyé sur l’article 7 d’une législation adoptée en 2019, qui autorise Téhéran à prendre des mesures de représailles contre tout État désignant le CGRI comme organisation terroriste. Cette loi avait été votée après que Washington, sous le premier mandat de Donald Trump, était devenu le premier pays à classer les Gardiens dans cette catégorie.

Abbas Araghtchi, ministre iranien des Affaires étrangères, a qualifié la décision européenne de « grave erreur stratégique ». Ghalibaf a pour sa part accusé l’Union européenne d’agir sous la dictée de Washington et de Tel-Aviv : « Avec ces actions, l’Europe cherche à plaire à son maître, l’Amérique », a-t-il déclaré à l’agence ISNA. Selon lui, cette initiative « a accéléré la marginalisation de l’Europe dans le futur ordre mondial ».

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Des députés iraniens en uniforme militaire contre Bruxelles

La séance parlementaire de dimanche a pris des allures de démonstration de force. Les images diffusées par la télévision d’État montraient Ghalibaf et les députés vêtus de l’uniforme des Gardiens de la Révolution, en signe de solidarité avec cette force militaire créée en 1979 par l’ayatollah Khomeini. Les élus ont scandé « Mort à l’Amérique », « Mort à Israël » et « Honte à l’Europe » dans l’hémicycle, le jour même du 47e anniversaire du retour d’exil du fondateur de la République islamique.

Le président du Parlement a souligné que « le peuple iranien considère le Corps des gardiens de la révolution islamique comme une partie de lui-même », rappelant le rôle de cette force lors des catastrophes naturelles, de la pandémie de Covid-19 et dans la défense nationale. Les Pasdaran, armée idéologique du pouvoir, contrôlent des pans entiers de l’économie iranienne et disposent de leurs propres forces terrestres, navales et aériennes, ainsi que du monopole sur les missiles balistiques.

Les conséquences pratiques de cette annonce demeurent incertaines. La mesure apparaît avant tout symbolique, les relations entre l’Iran et les pays européens étant déjà au plus bas. Téhéran doit par ailleurs débuter un exercice naval dans le détroit d’Ormuz, menaçant de bloquer ce passage stratégique pour les approvisionnements énergétiques mondiaux en cas d’attaque américaine. L’ayatollah Ali Khamenei a prévenu qu’une frappe des États-Unis déclencherait « une guerre régionale ».

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