L'arme monétaire : les USA admettent avoir orchestré la pénurie de dollars en Iran

Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a récemment levé le voile sur une stratégie financière agressive visant à déstabiliser l’économie de la République islamique. Lors d’une audition devant le Sénat aux États-Unis en février 2026, l’administration a confirmé avoir délibérément restreint l’accès aux billets verts pour catalyser les mouvements de contestation populaire à travers le pays. Cette reconnaissance explicite d’une « guerre économique sans tirs de balles » marque un tournant radical dans la diplomatie de pression exercée par les États-Unis, transformant la monnaie en un levier d’insurrection directe.

L’effondrement du rial et la stratégie de pression financière américaine

L’aveu de Scott Bessent confirme ce que de nombreux observateurs soupçonnaient : une manœuvre coordonnée pour asphyxier les circuits financiers de Téhéran. En bloquant simultanément les revenus issus du pétrole et l’accès au système bancaire SWIFT, le Trésor a provoqué une chute vertigineuse de la monnaie nationale. Le rial iranien, qui s’échangeait à environ 700 000 pour un dollar au début de l’année 2025, a franchi la barre symbolique des 1,5 million en janvier 2026. Cette dévaluation brutale a agi comme un détonateur social, propulsant le coût de la vie à des sommets insupportables pour les foyers iraniens, avec une inflation alimentaire dépassant les 70 %.

Cette offensive monétaire s’inscrit dans une dynamique de confrontation qui n’a cessé de croître depuis le retrait américain de l’accord sur le nucléaire en 2018. Les relations entre les deux puissances sont régies par un cycle de sanctions de plus en plus restrictives et de démonstrations de force dans le golfe Persique. Le retour à une politique de pression maximale renforcée en 2024 a exacerbé ces frictions, transformant chaque faille de la gestion interne iranienne en une opportunité stratégique pour Washington. La fragilité du secteur bancaire local, miné par des années d’isolement et de pratiques opaques, a finalement cédé sous le poids de cette pénurie organisée de devises étrangères, entraînant la faillite d’institutions majeures et servant de catalyseur aux émeutes de décembre 2025.

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Conséquences géopolitiques des manifestations en Iran et réaction de Téhéran

L’impact de cette pénurie de dollars dépasse largement le cadre des chiffres macroéconomiques pour se lire dans l’effervescence des rues de la capitale et d’Ispahan. Les mouvements de protestation, initialement portés par les commerçants du bazar excédés par l’instabilité des prix, se sont mués en une contestation politique globale mettant en péril la stabilité du régime. En admettant publiquement que la souffrance économique de la population est un outil délibéré, les autorités américaines abandonnent l’idée d’une aide humanitaire préservée des sanctions. Cette transparence brutale offre toutefois un argument de poids aux officiels iraniens, qui s’empressent de qualifier chaque manifestant d’agent à la solde de puissances étrangères pour délégitimer les revendications sociales.

Le futur de cette crise dépendra de la capacité du pouvoir iranien à trouver des circuits alternatifs, notamment via des échanges en monnaies locales avec ses partenaires en Asie, pour contourner l’hégémonie du billet vert. Cependant, l’aveu de l’administration américaine place la communauté internationale devant un dilemme éthique et sécuritaire : l’usage de la famine financière comme arme de changement de régime pourrait redéfinir les standards des conflits modernes. Alors que le rial continue sa descente aux enfers, la question reste de savoir si cette pression extrême mènera à une transition politique ou à un durcissement sécuritaire sans précédent dans la région, isolant encore davantage une population prise en étau entre sanctions extérieures et répression interne.

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